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Tome second.
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CHAP. XVI. CAMPAGNE DE 1810.

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blés signalèrent l’année îsio : le premier étaitla donation du grand-duché de Francfort au prince Eugène en survivance du prince-primat. J’avais le projet, si j’avais un secondf'ds, de lui donner la couronne d’Italie et deRome : l’Europe , qui n’était pas dans maconfidence, ne comprit rien à ce nouvelarrangement, et on en conclut que je des-tinais l’Allemagne , ou du moins la prési-dence de la Confédération du Rhin , à monfils adoptif.

Une affaire plus importante fut la réunionà l’empire français de la Hollande et desbouches de l’Ems, du Wéser et de l’Elbe jusqu’à Lubeck .

La lutte avec l’Angleterre se compliquantchaque jour par les chances de la guerred’Espagne , je cherchais autour de moi toutce qui pourrait forcer le cabinet de St-Jamesà des dispositions plus pacifiques, et jeconçus le projet de réunir ce territoire àl’empire, comme un moyen de rétrocessionà offrir à la paix.

De tous les peuples momentanément vic-times du système continental, il n’y en avaitpas de plus à plaindre que les Hollandais,Cette nation, dont l’esprit industrieux,spéculateur et entreprenant, fonde sa pros-périté sur les bénéfices du commerce, nepouvait se soumettre à notre code maritimesans être ruinée. Il aurait fallu fermer lesyeux sur les infractions que les habitantscommettaient journellement, ou rendre leurpays à la mer, sur laquelle ils l’ont conquis,et contre laquelle ils ne le défendent qu’àforce de sacrifices et de soins.

Mon frère Louis n’avait pas tardé à épou-ser les intérêts du commerce batave: il sentitqu’il ne pouvait se faire aimer de son peuplequ’en agissant pour lui et comme lui. Il pu-bliait mes décrets ; mais il laissait assez ou-vertement faire la contrebande. Cet état dechoses détruisait mon système. A quoi bon

envahir tout le littoral de l’Europe et le fer-mer aux Anglais , si les membres mêmes dema famille se constituaient les courtiers ducommerce ennemi ? Mes représentations n’o-pérant pas l’effet désiré, je fus forcé dès isosd’interdire toute importation de la Hollande :mon frère m’opposa par réciprocité uneprohibition de toutes les marchandises fran-çaises dans son royaume.

Cette manière de gouverner la Hollandene me convenait pas : en m’emparant moi-même de son gouvernail, j’exploiterais sesressources entièrement dans mon but. LaHollande en souffrirait dix ans, vingt anspeut-être, mais ce sacrifice serait amplementrécompensé si nous réussissions.

Négociations entamées avec l’Angleterre pour évitercette réunion.

Indépendamment de ces puissantes con-sidérations, je voulais faire sentir à l’Angle-terre que, dans la carrière où elle m’avaitprécipité elle-même, chaque année de retardà la paix amènerait un agrandissement demon empire : personne en Europe n’étaiten mesure de s’opposer à mon projet. Toute-fois, avant de m’y décider, je résolus detenter un dernier effort à Londres .

Louis vint à Paris au commencementde i8io. Après lui avoir déclaré qu’il rem-plissait moins bien mes intentions à l’égardde la Hollande que le gouvernement batavene l’avait fait lui-même, je lui déclarai queje ne souffrirais aucune déviation à monsystème pour combattre la redoutable An-gleterre, et je prononçai le mot de réunion.Je lui donnai à entendre qu’il n’y avait qu’unmoyen d’éviter la ruine de son trône, celuide déterminer l’Angleterre à la paix. Louis,d’après mes instructions, informa ses mi-nistres du danger qui menaçait la Hollande,et les chargea d’envoyer un homme sûr enAngleterre pour engager le cabinet de