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Tome second.
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NAPOLÉON AU TRIBUNAL DE CÉSAR, ETC.

(les actes solennels propres à en détruirel’effet. Le sénat conservateur y pourvut parl’acte du 17 février isio; il renfermait lesstipulations suivantes :

t° Les états romains formeraient deuxdépartements, et enverraient sept députésau corps législatif;

2 ° Rome serait la seconde ville de l’em-pire;

5° Le prince impérial porterait le titre deRoi de Rome ;

4° Il y aurait à Rome un prince impérialtenant la cour de l’empire ;

5° Les empereurs seraient couronnés àParis, ainsi qu’à Rome ;

6° Toute souveraineté est déclarée incom-patible avec une autorité spirituelle dansl’intérieur de l’empire ;

7° Lors de leur exaltation, les papes prête-ront serment de ne jamais rien faire contreles quatre propositions de l’église gallicane ;

s" Ces propositions sont déclarées com-munes à toutes les églises de l’empire.

Les autres articles établissaient pour lepape un palais à Paris et un à Rome , por-taient sa dotation à deux millions de revenus,et mettaient les dépenses du sacré collègeet de la propagande aux frais du trésorimpérial. Conformément à ces mesures,toutes les archives du Vatican furent trans-férées à Paris . Le grand projet de faire decette cité la capitale de l’Europe catholi-que était à moitié réalisé : j’aurais dumême coup renforcé le grand empire detoute l’influence théocratique et débar-rassé la religion du jésuitisme ultramon-tain. L’Europe eût été pour toujoursarrachée au fanatisme : la belle religiondes premiers chrétiens n’en eût été queplus vénérée et plus utile aux peuples etaux gouvernements.

La profession de ces doctrines conserva-trices des droits du trône n’était pas de

nature à calmer l’inimitié du pape, qui,hors d’état de défendre son empire tempo-rel, voulait faire revivre les privilèges suran-nés du saint-siège. J’étais excommunié, etmes nominations aux sièges vacants n’étaientpas confirmées : on refusait l’institutioncanonique. J’étais ainsi engagé dans uneguerre d’une espèce nouvelle, et je nommaipour me guider un conseil ecclésiastique,composé des plus dignes prélats, aux pre-miers rangs desquels figuraient le cardinalMaury et l’évêque de Nantes .

Le pape persistant à refuser l’institutioncanonique, je dus pourvoir aux sièges vacantspar des administrateurs spirituels, désignéssous le nom d’évêques capitulaires. Pie vulança des brefs pour leur défendre d’exercer,et désigna des vicaires apostoliques à leurplace. Un tel acte d’autorité, qui établissaitdans l’empire un pouvoir supérieur au mien,devait m’irriter ; les cardinaux instigateursde ce coup d’autorité furent conduits à Vin-cennes, ainsi que le P. Fontana, un des mem-bres de mon conseil.

Concile de Paris . — La petite église rallume lefanatisme.

Cet état de schisme ne pouvaitdurer. Pourle faire cesser, je réunis, au commencementde i8ii, les évêques de France en concile;le but apparent était de pourvoir aux insti-tutions canoniques, mais au fond je voulaisétablir une autorité ecclésiastique supérieureà celle du pape, afin de les balancer l’unepar l’autre. Mon nouveau conseil ecclésias-tique, sentant la nécessité de se rapprocherdu saint-père, lui envoya à Savone une dépu-talion solennelle pour lui demander sa bien-veillance, et lui proposer un rapprochement.Le pape, délivré de ses perfides conseillerset livré à ses seuls sentiments philanthropi-ques, promit l’institution, et autorisa le con-cile. Il s’assembla le 9 j uillet îsn. Les évë-