CHAP. XVII. CAMPAGNE DE 1811.
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CHAPITRE XVII.
Situation générale en 1811. La Prusse propose à Napoléon de s’allier avec elle. Origine des démêlés avec laRussie. Campagne de «su en Espagne. Soult prend trop lard Badajoz. Affaire de Chiclana devant Cadix .Masséna est forcé d’évacuer le Portugal. Bataille de Fuente-de-Honor. Les Anglais veulent reprendreBadajoz. Ils battent Soult à Albuera . Marmonl succède à Masséna, et se réunit à Soult pour délivrerBadajoz. Opérations brillantes de Suchel à Tarragone et Valence. Campagne d’hiver en Eslramadure.Wellington reprend Ciudad-Rodrigo et Badajoz. Événements de Turquie. Les Russes retirent une partiede leur année. Koutousof n’en remporte pas moins une victoire décisive près de Roudschouck.Préparatifs pour la guerre de Russie .
Malgré nos succès en Arragon, en Anda-lousie , et la retraite des Anglo-Espagnolssous les murs de Lisbonne et de Cadix , laposition de l’Europe était loin d’offrir le ré-sullat que j’avais espéré après Tilsit, et sur-tout après mon mariage.
Pendant que je voulais interdire au com-merce anglais les rives de la mer du Nordet de la Baltique , ils ouvraient un vaste dé-bouché sur le continent américain , et ilsinondaient, par l’insurrection de l’Amérique ,les ports de la péninsule; ils soumettaientl’Ile-de-France et de Bourbon, après unlong blocus et une attaque formelle que leshabitants de cette île avaient soutenus avecgloire; ils s’emparaient également d’Am-boine et même de Batavia. Non moins heu-reux aux Indes occidentales, la Guadeloupe était tombée sous leurs coups, ainsi queSt-Eustache et St-Martin. Déjà depuis deuxans la reddition de St-Domingue avait achevénotre expulsion définitive de la plus richede nos colonies, que l’empire noir de Chris-tophe et de Dessalines se partageait avec la
république mulâtre de Pétition et de Boyer.La Martinique seule nous restait, et toutesles espérances coloniales étaient détruitespour longtemps.
A la vérité, mon système fédératif sem-blait embrasser tout le continent européen :l’Autriche s’était rapprochée de moi par lesliens du sang; mais elle n’entrait dans cesystème que comme puissance du premierrang ; je n’avais pas même avec elle d’allianceoffensive et défensive. Mes liens temporairesavec la Russie étaient relâchés ; la Prussen’avait fait à Tilsit qu’une paix nominale ;l’Espagne s’était échappée de mes bras pourse précipiter au premier rang de mes enne-mis. Je régnais sur la Yistule, mais les paysentre le Rhin et cette rivière étaient exas-pérés contre moi ; le Midi se levait en masse,et au Nord se formait le plus violent oragequi eût menacé mon empire.
Tout mon système se trouvait faussé,parce que je m’étais aliéné à jamais la Prusse,qu’il m’eût été si facile de gagner, et dontla position géographique m’eût donné tant