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NAPOLÉON AU TRIBUNAL DE CÉSAR, ETC.
d’avantages pour relever la Pologne etanéantir l’Autriche . Maîtresse de Dantzicket de Graudentz d’un côté, de Schweidnitz et de Glatz de l’autre, la Prusse formait lapierre angulaire sur laquelle auraient reposé toutes mes opérations, soit contre laBohême, soit contre la Lithuanie . A l’aidede la Prusse, de la Saxe , de la Bavière etdu royaume d’Italie, j’aurais embrassé l’Au-triche comme un nouvel Antée , et, aprèsl’avoir réduite à l’impossibilité de nuire,j’aurais pu dicter la loi au Nord. Mais lafaute de isoe était commise, le mal irrépa-rable : placé dans une fausse position enversFrédéric-Guillaume et sa nation, ne pouvantplus les gagner, il fallait les enchaîner à mespieds. La nouvelle génération qui se formaiten Prusse, élevée à l’école de l’adversité,prenait, dans une éducation libérale, forteet patriotique, autant de haine pour le des-tructeur des libertés publiques que pour leconquérant qui avait détruit l’héritage dugrand Frédéric. Ce n’était pas assez que lesuns me signalassent comme un Tarquin àde nouveaux Brutus, que d’autres évoquas-sent les mânes des premiers fds de Teutonen faveur de la liberté germanique; il fallaitencore que tous les intérêts vivants du com-merce fussent soulevés contre moi. Jen’étais, selon eux, qu’un nouveau Gengiskanqui parcourait l’Europe pour lui donner desfers, sans utilité réelle pour la France , sansavantage pour ma couronne, et contre lesintérêts de tous les autres peuples.
Les sociétés secrètes, sous le titre de Fé-dérés de la vertu, faisaient chaque jourdes prosélytes; et la résistance des Espa-gnols les encourageaitdans le projet de touttenter pour secouer le joug. Si le coup avaitmanqué en i809, c’était pour eux un motifde redoubler d’efforls pour le porter plussûrement à l’avenir. L’habile artisan decelle trame n’attendait que le moment pour
éclater; il épiait l’occasion d’allumer un in-cendie général, dont on ne pouvait prévoirni la marche ni le résultat.
La Prusse me propose une alliance.
Ce fut dans ces circonstances que le roide Prusse me proposa une alliance offensiveet défensive. J’éludai cette question, quedans toute autre circonstance j'eusse ac-ceptée avec empressement, parce que je nevoulais pas donner de l’ombrage à la Russie par un traité qui ne pouvait concerner quecette puissance, et que je n’étais pas alorsen mesure de brusquer une rupture. D’ail-leurs, ce traité ne m’aurait donné que Fré-déric-Guillaume , tout son peuple n’en étaitpas moins exalté contre moi ; enfin, j’étaispersuadé que je trouverais le roi dans lesmêmes dispositions, lorsque le momentd’user de l’alliance serait venu. Si les Prus-siens me haïssaient, je le leur rendais bien,et, loin de vouloir m’enchaîner par un traitéqui eût pu leur être favorable, j’aurais étéenchanté de me trouver en situation de leurporter un dernier coup; car nous étions siavancés dans la carrière de la haine, que jene voyais plus de moyen de réconciliation.Toutes ces circonstances prouvent du moinsces vérités : i° que depuis la grande coali-tion de 1805, l’idée de devenir prépondéranten Europe par mon système fédératif étaitlégitime et naturelle ; 2 ° que, pour y réus-sir, il eût été indispensable de m’attacherpar des bienfaits une puissance de 12 à15 millions d’habitants au Nord; et qu’à dé-faut de l’Autriche , dépouillée à Campo-Formio, Lunéville et Presbourg , la Prusseseule aurait rempli cet objet; 3° qu’ainsi lespassions qui nous ont divisés en 18 O 6 ontété funestes pour la France et pour elle, etsi je n’ai pas mis tous les procédés dans lanégociation avec Lauderdale relativementau Hanovre , il n’en est pas moins vrai que