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Tome second.
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CHAP. XVII. CAMPAGNE DE 1811 .

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île poursuivre vivement Masséna; la nouvellede la chute de Badajoz et du désastre essuyépar les Espagnols , le décida à tourner sesvues du côté de Soult, aussitôt qu’il fut cer-tain que Masséna regagnerait l’Estramadure sans en venir à une bataille. A cet effet, ilavait détaché le général Beresford avec troisdivisions anglo-portugaises, qui se séparè-rent de l’armée à la hauteur da Villa-Velha,et se dirigèrent, le 20 mars, par Portalégre sur Elvas . Son avant-garde se présenta àCampo-Maior dès le 23 mars, au moment oùMortier venait de prescrire l’évacuation etle démantèlement de cette place. Latour-Maubourg n’eut pas le temps d’achever cetteopération, et ne ramena pas sans peine leconvoi qui en provenait. Mortier, rappeléen France depuis quelques jours, remit à cegénéral le commandement du 5 ° corps dansces circonstances difficiles. Il n’y avait qu’unparti à prendre, celui de jeter garnison àBadajoz , et d’aller au-devant des renfortsque Soult amènerait sans doute de Séville ,aussitôt qu’il serait instruit de ces fâcheuxévénements; ce fut aussi celui auquel La-tour-Maubourg s’arrêta, après avoir laisséune garnison de 2500 hommes seulement àBadajoz , et un détachement de 400 hommesdans Olivenza pour attirer l’attention del’ennemi sur cette bicoque, il ne resta à La-tour-Maubourg qu’environ 9 mille combat-tants avec lesquels il se retira à Llerena enbon ordre.

Beresford reprend Olivenza .

Cependant Beresford, instruit de sa su-périorité sur ses adversaires, et joint enfinpar les troupes de Castanos et de Balleste-ros, se décide à passer la Guadiana . Il laisseune division entière autour d’Olivenza , enporte une autre devant Badajoz , suit avec18 mille hommes le 5 " corps sur Zafra, Usa -gre et Fuente-de-Cantos . mais revient bien-

tôt vers Elvas à l’instant où la prise d’Olivenzalui donnaitlemoyende continuerl’offensive.

Siège de Badajoz .

La chute de cette ville, où 400 Français nepouvaient résister longtemps, lui permitde diriger tous ses efforts sur Badajoz .Wellington vint en personne présider ausiège de cette place ; il en fit la reconnais-sance avec son lieutenant, en ordonna l’in-vestissement, qui fut retardé par les pluiesjusqu’au 3 mai; puis, après avoir assisté, le7 mai, à l’ouverture de la tranchée, il repritla route de son armée, qui tenait tête à Mas-séna sur l’Agueda .

Soult dégarnit l’Andalousie pour la secourir.

Soult, de son côté, était trop inquiet deces événements pour rester dans l’inaction;mais il n’était pas aisé de dégager Badajoz sans réunir des moyens considérables, etsans s’exposer ainsi à perdre les positionsauxquelles on tenait en Andalousie . Savoirconcentrer ses troupes à propos et sacrifierdes accessoires quand il le faut, est un desplus grands talents d’un général: mais cequi est facile et convenable dans une guerreordinaire, peut devenir désastreux dans uneguerre nationale. Il était évident qu’il fal-lait 30 mille hommes pour sauver Badajoz ;et si l’on retirait des forces aussi considéra-bles de l’armée d’Andalousie , c’était assurerla perte de ce qu’on y laisserait. Se présen-ter, au contraire, en forces inférieures surla Guadiana, c’était, perdre à la fois Bada-joz, Séville et Grenade.

Soult fit tout ce qui dépendait de lui pouréviter ces deux dangers. 11 parvint à tirerdeux fortes brigades du corps de Sébastiani,des différents commandements de l’inté-rieur, et de sa réserve. Aussitôt après laréunion de ces forces et du matériel néces-saire, il partit le 10 mai de Séville , et, après

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