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Tome second.
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NAPOLÉON AU TRIBUNAL DE CÉSAR, ETC.

avoir joint le général Latour-Maubourg àFuente-de-Cantos le 13, il se présenta leisà Santa-Marta, à six lieues de Badajoz , à latête de 18 mille fantassins et de 5 mille che-vaux.

Bataille d’Albuera .

Bien que ses rapports fissent monter laforce de l’ennemi à 36 mille hommes, Soult ne doutait pas qu’il éviterait la bataille, parcequ’on annonçait la prochaine arrivée d’unrenfort de 10 mille Espagnols que Blackedevait amener de Murcie , en débarquantà l’embouchure de la Guadiana , et queBeresford ne combattrait pas avant sonarrivée. Le fait est que cette jonction venaitdéjà de s’opérer. Soult ne tarda pas à êtredésabusé ; les premières reconnaissancessignalèrent la bonne contenance des Anglo-Espagnols sur les plateaux de l’Albuera ; etle maréchal, après avoir examiné leur posi-tion, ne balança pas à les attaquer.

Tout excitait à prendre cette résolution :on n’avait aucun secours à attendre, à moinsde lever le blocus de Cadix et de rappelertoutes les forces d’Andalousie ; on croyait,au contraire, que l’ennemi allait être jointpar 10 mille hommes, et il importait de livrerbataille avant cette jonction. D’ailleursBadajoz n’étant pas amplement approvi-sionné, plus vite on le débloquerait., moinson s’exposerait à perdre la place et la gar-nison. La gauche des ennemis était appuyéeau village d’Albuera, la droite et le centrese prolongeaient sur une chaîne de hauteurs,assez escarpées du côté des Français , maisformant un glacis insensible en arrière del’ennemi, qui pouvait ainsi se mouvoir facile-ment sur toute sa ligne. Cet avantage localétait balancé par un défaut plus notable ,c’est que la ligne de bataille formait le pro-longement de la route d’Olivenza, seuleligne de retraite ouverte à l’armée de Beres-

ford si elle était battue. Cette route se trou-vant à la hauteur de l’aile droite, le moindresuccès sur cette aile devenait décisif, et devaitassurer la perte de la gauche et du centre,qui auraient été culbutés sur Badajoz . A laj vérité, les Anglais avaient jeté des ponts prèsi de la place; mais la garnison, soutenue àtemps par l’armée, pouvait en cas de succèsrendre ce passage désastreux.

Soult se décide sur-le-champ : son pro-jet consiste à feindre de vouloir déboucher,le 16 au matin, par sa droite contre le vil-lage d’Albuera, afin d’attirer l’attention deBeresford sur ce point au moment où legros de nos forces tomberait au contrairesur la droite des Anglais et enlèverait leurligne de retraite.

Le point était habilement saisi, il ne s’a-gissait plus que des moyens d’exécution pourl’emporter : ils ne répondirent pas à la dis-position primitive. Godinot, ayant débouchémollement et trop tard contre Albuera, n’at-tira point assez l’attention des Anglais , tan-dis que l’attaque principale marcha au con-traire avec trop de précipitation. A peine eneffet Godinot abordait-il ce village, que déjàle général Girard franchissait le ruisseau àla tête du 5 e corps, et se précipitait à la têtede ses deux divisions en colonnes profondessur la droite de Beresford.

La première ligne anglaise céda à cevigoureux effort ; mais, bientôt soutenue partrois brigades de réserve, elle oppose un feude mousqueterie meurtrier à des colonnesdont le premier bataillon seul pouvait agir.La même cause qui avait été fatale à Vimiera,à Busaco, à Fuente-de-Honor, le fut plusencore en cette occasion. Les troupes deGirard s’obstinent sous la conduite de cevaillant officier ; mais en vain Brayer, Maran-sin et le chef d’état-major, l’impassibleGazan. se font blesser à la tête des plus bra-ves, rien ne peut balancer l’effet d’une fausse