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Tome second.
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CHAP. XYII. CAMPAGNE DE 1811.

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regardaient la délivrance de l’Andalousie comme d’autant plus certaine, que Soult,revenu à Llerena, se trouvait hors d’état defaire le moindre détachement pour s’y oppo-ser. Descendu sur la basse Guadiana versMoguer , Blacke tenta d’enlever le poste deNiebla qui couvrait le passage du Rio-Tintoet Séville . La belle défense d’un bataillonsuisse déjoua tous ses efforts. Ballesterosmanœuvrait en même temps sur la gauchedu Guadalquivir , et se jetait dans les mon-tagnes de Ronda pour en soulever les féro-ces habitants, couper les communicationsentre Séville et Grenade ; une multitude departis inondaient les environs de Séville , etse renforçaient de tous les mécontents de laprovince. Le général Darricaud, réfugiédans la chartreuse, était comme bloqué dansla capitale. Séhastiani, loin de pouvoir riententer pour le dégager, se trouvait lui-même serré de près dans Grenade parune multitude d’habitants soutenus par despartis de l’armée de Mincie ou de Balles-teros ; et les troupes qu’on avait tirées deson corps pour secourir Badajoz , en rédui-saient la force à 7 ou 8 mdle hommes dis-persés à Malaga. à Grenade et à Jaen .

Soult délivre Séville .

La réunion de nos armées et la rentrée deWellington en Portugal firent changer laface des affaires. Soult, alors rassuré surBadajoz , se hâta de porter sa réserve sousGodinot et Latour-Maubourg au secours deses cantonnements. Blacke, repoussé à l’es-calade du poste de la Niebla , et menacé parle retour de ces forces, se rembarqua àAyamonte pour Cadix ; Ballesteros se réfu-gia dans les montagnes de Ronda .

Il hat Blacke vers Grenade. — Opérations contreBallesteros autour de Gibraltar .

Soult ne fut pas quitte pour avoir dégagé

Séville ; il s’agissait de venir au secours ducorps de Séhastiani, inquiété dans Grenade.Il en était temps, car un orage menaçantse formait contre lui. La régence de Cadix ,loin de se laisser abattre par le peu de suc-cès de ses tentatives, confia à Blacke la mis-sion de tenter avec l’armée de Murcie sur lagauche de Soult ce qui n’avait pu réussir surla droite. Blacke vint descendre à Alméria avec quelques bataillons d’élite, et s’étantréuni à Baza avec le corps de Murcie , il setrouva à la tête d’un corps de 18 à 20 millehommes de bonnes troupes. Soult se dirigeacontre lui par Guadix , et le rencontra à laVenta de Bahul, position avantageuse dontle front semble inattaquable. Le maréchalse réserva de l’aborder avec le 4 e corps etla cavalerie de Latour-Maubourg, tandis queGodinot, venant de Jaen par Meda, le pren-dra à revers. L’attaque a lieu le 9 août; maisGodinot, loin d’imiter Ney à Friedland etRiehepanse à Hohenlinden , craint de don-ner tête baissée au milieu de l’ennemi, ettâtonne autour de Baza . Blacke s’aperçoitdu danger qui le menace, et se hâte dedécamper sur Lorca, vivement talonné parSoult, qui met son corps en déroute, maisne peut recueillir de sa victoire tous lestrophées qu’il s’en promettait. Le maréchal,revenu à Séville , porta ensuite son atten-tion du côté de Gibraltar , où Ballesterossemait l’épouvante et menaçait les commu-nications avec le corps du blocus de Cadix .Godinot, détaché contre lui, le refoule surle camp de St-Roch. Soult dirige trois bri-gades pour l’attaquer ; Ballesteros l’évacuepour se retirer sous le canon de Gibraltar ,où les Anglais , peu disposés à le recevoir,le protégenlnéanmoins parle feu de la place.L’ennemi débarque à Tarifa pour dégagerBallesteros. Godinot se porte par le littoralcontre cette ville; mais, foudroyé par denombreuses canonnières, il perd inutile-