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Tome second.
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NAPOLÉON AU TRIBUNAL DE CÉSAR, ETC.

que Soult réunirait toute l’armée d’Anda-lousie pour venger l’échec qu’il venait d’es-suyer mérite l’approbation des connaisseurs.

Tous les préparatifs du siège étant ache-vés et la parallèle ouverte, Badajoz futbattu, dès le 2 juin , avec toute la vigueurpossible. Faute de terre, les Anglais éta-blirent leurs batteries sur le roc en for-mant leurs épaulements avec des sacs delaine, méthode assez rare de procéder à l’at-taque d’une forteresse. Ce siège fut encoreremarquable, en ce qu’on y reconnut l’avan-tage de l’artillerie de fer sur celle de bronze,qui s’échauffe trop et ne peut entretenir unfeu aussi long ni aussi soutenu. L’intrépidePhiüppon défendit la place avec autant devaleur que d’intelligence ; Wellington ne lepressa pas avec moins d’énergie. Impatientéde tant de résistance, et instruit sans doutedes mouvements qui annonçaient un pro-chain secours il fit livrer l’assaut au fort San-Christoval, situé sur une éminence à droitede la Guadiana : les assiégeants y essuyèrentinutilement des pertes sensibles.

Marinont el Soult le forcent à rentrer en Portugal .

Marmont venait à peine de succéder àMasséna dans le commandement de l’arméede Portugal, après la bataille deFuente-de-Honor, lorsqu’il reçut l’ordre de se réunirà Soult pour sauver Badajoz . Instruit de lamarche de Wellington dans cette direction,et du corps laissé sous les ordres de Spencerpour le contenir, Marmont se porta lui-même , à la tête de deux divisions, sur lahaute vallée de la Coa, pour ravitailler Ciu-dad-Rodrigo, et masquer le mouvement quele reste de son armée exécutait au mêmeinstant par Plasencia sur Almaraz . Le ma-réchal prit bientôt la même route et s’avançasur Merida , tandis que Soult, prévenu desa marche, quitta Llerena et s’étendit versAlmendralejos pour opérer sa jonction avec

lui. Cette importante réunion ayant été ef-fectuée le 17 juin, les deux armées, fortesalors d’environ 55 à 60 mille combattants,s’avancèrent contre l’ennemi. Mais Welling-ton , toujours soigneux de ne rien donnerau hasard, leva en toute hâte le siège deBadajoz dans la nuit du 16, et rentra enPortugal par Olivenza et Campo-Maior ,après avoir livré vainement un second as-saut du côté de la citadelle.

Au reste, il n’eût pas été prudent de res-ter à Albuera quand Marmont s’avançaitd’Albuquerque sur Badajoz ; mais on neconçoit pas pourquoi le général anglais nese jeta pas par Campo-Maior sur Albuquer-que au-devant du dernier, en se concertant,avec le corps du général Spencer, qui d’Al-meida avait côtoyé l’armée du duc de Ra-guse. Si Wellington eût suivi mon exemplede Castiglione, il aurait battu Marmont etSoult successivement, comme j’avais battuWurmser et Quasdanowistch. La placeeût été peut-être ravitaillée comme Man-toue le fut en 1796; mais la victoire eût bien-tôt ramené les alliés dans ses murs.

Les Espagnols profitent de l’absence de Soult pouragir en Andalousie .

La nécessité où Soult s’était vu, de tirertous les secours possibles de l’Andalousie pour se maintenir à Llerena après la défaited’Albuera, avait décidé les généraux espa-gnols à tout tenter pour accabler ses déta-chements épars et reconquérir cette belleprovince. La présence de Wellington surBadajoz rendait effectivement la leur moinsnécessaire en Estramadure ; on pouvait lesutiliser plus efficacement et d’une manièreplus conforme à leur système de guerre, enles portant contre les corps laissés à Cadix ,Séville et Grenade- Enhardis par la victoired’Albuera, où ils avaient assez bien com-battu , les généraux Blacke et Ballesteros