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NAPOLÉON AU TRIBUNAL DE CÉSAR, ETC.
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de 4 mille prisonniers, 4 drapeaux et 12pièces de canon. L’occupation de Sagonte nous rendit maîtres de la campagne ; rienn’arrétait plus notre marche sur Valence.Oropesa était en notre pouvoir 5 maisPeniscola n’était que masqué et tenaitencore.
Sachet, renforcé de 2 divisions , attaque Blacke.
En attendant les renforts que je lui des-tinais , Suchet ne se hâta pas de faire desdémonstrations, ni de s’approcher de Va-lence 5 pendant le mois de novembre, il bat-tit deux corps ennemis qui se montrèrent,l’un en avant de Guadalaviarprèsde Betera,l’autre sur la roule de Ségorbe. Vers lemilieu de décembre, il fut informé que legénéral Reille allait lui amener de Pampe-lune une division française et une divisionitalienne par la route de Terruel, et que lemaréchal Marmont, commandant l’arméede Portugal, recevait ordre de détacher à lamême époque une division à travers la Cas-tille sur Valence. Il fit aussitôt ses disposi-tions pour manœuvrer contre Blacke. Cesdispositions portent l’empreinte d’un coup-d’œil habile et exercé; il juge que l’en-nemi, étendu dans ses lignes depuis Manis-sès jusqu’à la mer, serait perdu si l’on obtientle moindre succès sur sa gauche, car Va-lence était trop loin de la mer pour favo-riser son embarquement, et rien n’était dis-posé pour l’effectuer. La route d’Alicante ,qui seule était ouverte au corps de Blackeen cas de retraite, pouvait être gagnée parles Français avant lui.
Le 26 décembre, le corps du généralReille étant arrivé, trois divisions et la cava-lerie passèrent la rivière à deux lieues au-dessus de la ville, tandis que depuis Manissèsjusqu’au bord de la mer, le camp de Blackeétait attaqué de front par la rive gauche.Cette attaque donna lieu à un combat vif et
sanglant; mais pendant ce temps, le maré-chal avec son aile agissante parcourait ledemi cercle de la rive droite, gagnait l’ex-trême gauche de l’ennemi, culbutait etdébordait successivement toutes les troupesque l’ennemi voulait lui opposer, en sorteque toute l’armée espagnole se trouva ren-fermée dans la place à l’exception d’un corps,qui s’échappa entre Albufera et la mer,et qui fut poursuivi jusqu’à St-Philippe.
Le siège commença aussitôt après l’in-vestissement. Dans l’état des choses, il nedevait pas être de longue durée ; l’enceinteextérieure en terre, trop étendue pour unedéfense régulière, fut abandonnée aprèshuit jours de résistance avec so pièces decanon. Blacke, resserré dans Valence ,tenta de sortir, et ne put réussir, à la faveurde la nuit, qu’à faire échapper une faiblecolonnequigagnalesmontagnes Desbombesfurent jetées sur la ville pour effrayer lapopulation. Blacke , sommé et menacé dusort de Tarragone , n’osant exposer cetteriche cité aux suites d’un assaut, capitula le9 janvier, et se rendit avec tout l’état-majorde son armée, près de 19 mille hommes,21 drapeaux et 374 bouches à feu, outredes munitions et des magasins immenses.
Le général espagnol ne soutint pas en cetteoccasion la réputation qu’il avait acquise :rendre une ville pour la conserver est unefaiblesse ; mais la rendre avec une arméeentière dans ses murs, c’est toujours unelâcheté. Suchet employa trois jours à établirl’ordre en ville, avant d’y faire son entrée ;il porta ensuite le gros de ses forces dansla direction d’Alicante , Le 11 janvier, il avaitappris du général Montbrun sa marche surce point avec la division de Portugal ; il l’en-gagea à rejoindre sans délai le maréchal Mar-mont, son secours n’étant plus nécessaire.Montbrun, désolé d’avoir traversé inutile-ment toute l’Espagne , ne voulut pas s’en