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Tome second.
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NAPOLÉON AU TRIBUNAL DE CÉSAR, ETC.

rances d’indemnités sur la Courlande ; sur-veiller en même temps son pays par uneréserve de 50 mille hommes qui alimenteraitmon armée agissante de recrues, et lui ser-virait de dépôts : tel fut mon système.

J’avoue que c’était un de ces mazzo ter-mine qui ne décident rien, et que, si oneût pu prévoir la moindre chance de revers,il eût mieux valu adopter un parti prononcé.La crainte de trop faire pour un pays maldisposé envers moi m’empêcha de satisfaireamplement le cabinet de Berlin ; la craintede m’attirer sur les bras un embarras queje devais éviter en allant me lancer dans unesi grande entreprise m’empêcha d’agir hos-tilement envers lui. C’était déjà un grandavantagequede m’assurer un corps auxiliairede 20 mille hommes et les ressources d’unpays prêt à compter dans les rangs ennemis :si c’était un allié peu sûr, je me flattais bienque la victoire le retiendrait sous mes dra-peaux.

Je chargeai donc le duc de Bassano derentrer en explication avec Krusemarck surles propositions précédemment faites parsa cour, et il ne fut pas difficile de nousentendre. Le traité d’alliance fut signé le26 février. Tout en cherchant à se rallier àma cause, Frédéric-Guillaume avait faitplusieurs démarches à Pétersbourg, afind’éviter une rupture et d’engager la Russie à un accommodement. Ses efforts, biennaturels pour détourner l’orage qui mena-çait de l’entraîner dans son tourbillon, etdont toutes les chances devaient être égale-ment déplorables pour la Prusse , n’eurentaucun effet.

Mission pacifique donnée à Czernitscheff.

Dès que l’alliance avec le cabinet de Ber-lin fut signée, je voulus tenter un derniereffort pour obtenir ce que je désirais, touten évitant la guerre. Les communications

par nos ambassadeurs n’ayant amené aucuneexplication satisfaisante, et le comte Nessel-rode, dont on avait annoncé la prochainearrivée comme un gage de conciliation , nedevant plus venir, j’appelai le colonel Czer-nitscheff, aide-de-camp d’Alexandre, quirésidait près de moi depuis la campagne de1809. Je le chargeai de porter à son maîtreles vœux que je faisais pour une négociationà l’amiable, des griefs que je réduisais àdeux de part et d’autre. Je suis prêt à pren-dre l’engagement de ne rien ajouter auduché de Varsovie ; je donnerai une indem-nité pour Oldenbourg; mais, comme j’aioccupé ce pays dans la seule vue de coupertoute communication clandestine avec l’An-gleterre, je ne puis accorder Dantzick, quiserait bientôt un entrepôt anglais . J’offreen échange Erfurth et son territoire. Enfin,si l’empereur veut maintenir le système con-tinental, j’accéderai au système des licen-ces exceptionnelles à accorder aux négo-ciants russes, pourvu que les lois du com-merce contraires à la France soient modi-fiées par un nouveau traité.

Czernitscheff part avec ces propositions,mais il emporte avec lui un état de situationde nos forces qu’il s’est procuré par la félo-nie d’un commis des bureaux de la guerre;état peu important dans le fond, car il estapeu près impossible d’en cacher longtempsles bases à l’œil scrutateur des agents diplo-matiques de l’étranger : d’ailleurs il ne devaitrien apprendre de neufà l’empereur Alexan-dre, puisqu’il ne pouvait porter à moins de200 mille le nombre des troupes françaisesdisponibles pour l’expédition ; et que laforce des autres contingents, très-bien con-nue de toute l’Europe , ne s’élevait pas à unmoindre nombre.

Alliance offensive et défensive avec l’Autriche .

Dans cet intervalle, l’Autriche aussi vient