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Tome second.
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CHAP. XVIII. CAMPAGNE DE 1812 .

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le port de Stralsund et la Poméranie sué-doise qui, malgré les déclarations officiellesdu cabinet de Stockholm , faisait en fraudeun trafic considérable. Je n’étais pas pluscontent de la marche politique de Berna-dotte que de ce commerce clandestin , etj’ordonnai à Davoust d’occuper la Pomé-ranie dans les premiers jours de janvier. Ileût été assez ridicule d’avoir amené la Rus-sie, leDanemarck, la Prusse, l’Autriche etl’Espagne à fermer leurs ports, tandis qu’oneût souffert la contrebande dans ceux de laSuède , qui demeuraient à notre discrétion.Bernadotte irrité cherche un appui en Rus-sie, et porte à St-Pétersbourg des plaintesamères contre une agression que sa con-duite seule a provoquée. Au point où nousen étions avec la Russie , une telle démarcheétait de nature à faire sensation. L’empe-reur Alexandre, qui se persuadait, depuis1809, que j’allais l’attaquer, devaitconsidérercette mesure comme un avant-coureur.D’un autre côté, la prudence avait exigé queje renforçasse la garnison de Dantzick; carsi la Russie se déclarait et que la Prusse serangeât de son côté, Dantzick pouvait êtresérieusement attaquée. J’en fis porter lagarnison à 20 mille hommes : celles de Stet-tin, Custrin et Glogau furent également ren-forcées. C’était encore aux yeux de la Rus-sie la preuve d’une prochaine agression, etun venin déplus versésur la blessure encoresaignante de l’augmentation de puissancedu duché de Varsovie , et de la réuniond’Oldenbourg .

Alliance avec la Prusse .

Pendant que mes propositions et les ré-ponses de la Russie couraient les grandschemins, et qu’on annonçait de Pétersbourg l’envoi du comte de Nesselrode avec denouvelles explications, je songeais au partique j’avais à prendre avec la Prusse. Depuis

un an elle m’offrait d’entrer dans monalliance; je pensais bien que je l’y entraîne-rais d’un mot. On a cru que, ne pouvant pastrop m’y fier, j’eusse mieux fait d’acheverle dépècement de la monarchie du grandFrédéric qui se trouvait entourée de mestroupes. Cette assertion, quoique spécieuse,n’est pas sans réplique. Le roi avait tou-jours montré un caractère d’une droitureextrême : si l’humiliation de la paix de Til-sit l’indisposait contre moi, il était possiblenéanmoins qu’il entrât franchement dansmon système, pourvu qu’il entrevît la pos-sibilité de rétablir sa monarchie sur le piedoù elle se trouvait en isoe. S’il avait plus àespérer de moi que de mes ennemis, il pou-vait s’attacher sincèrement à ma cause. Sonarmée et sa nation n’eussent sans doute pasété si facile à ramener; toutefois il y auraiteu un moyen, c’eût été de revenir à l’idée que

J .m’avait suggérée eni806, c’est-à-dire,

de lui donner ou le royaume de Pologne,ou la présidence de la Confédération duRhin avec des indemnités. De tous les par-tis, celui de lui donner le royaume dePologne eût été peut-être le plus sage. Sicette mesure n’eût pas été aussi avantageuseque le rétablissement complet du trône deSobieski, elle eût mieux valu que de laisserla Pologne incomplète et entourée d’enne-mis jaloux de la partager de nouveau. C’eûtété pour les Prussiens un grand vihicule àme rester fidèles, et pour les Polonais l’es-poir d’un heureux avenir. Il eût été faciled’indemniser le roi de Saxe. Si j’avais vouludétruire la Prusse au début des hostilités,je me serais vu forcé d’employer 100 millehommes à soumettre et à garder la monar-chie : c’eût été me donner gratuitement lachance d’une Vendée allemande dans lesmontagnes de la Silésie et dans les forêtsde la Marche. Je pris un terme moyen :m’attacher le roi de Prusse par des espé-