CHAP. XVIII. CAMPAGNE DE 1812.
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chevêque de Malines , prêtre plus ambitieuxque rusé, mais plus vain encore qu’ambi-tieux. Il avait de l’éloquence, de la verve;j’espérais qu’il saurait exciter l’enthou-siasme des Polonais. Je lui ouvre toute mapensée ; j’espère gagner deux batailles etdicter la paix à Moscou . Mais si la guerretraîne en longueur, je laisserai cent milleauxiliaires aux Polonais pour qu’ils achè-vent eux-mêmes l’ouvrage de leur restau-ration. Il s’agit donc d’exciter leur pa-triotisme au plus haut degré, et de lesdéterminer aux plus grands sacrifices ; carc’est leur existence qui va me mettre lesarmes à la main. Je quitte Dresde le 29 maipour me rapprocher de mon armée, et jerejoins mon quartier-général, par Posen ,à Thorn .
Je joins mon armée sur la Vistule .
A peine ai-je quitté la capitale de Fré-déric-Auguste , que M. Signeul y entre deretour de Stockholm . C’est un intime deBernadotte que j’ai chargé d’aplanir les dif-ficultés qui s’étaient élevées avec la Suède .Il annonce que tout est oublié, et que leprince royal est prêt à se ranger mêmefranchement sous nos bannières: mais qu’illui faut un subside pour l’aider à la guerre,et la Norwège pour le dédommager de sessacrifices. Je n’étais ni en position ni d’hu-meur à marchander un allié peu sûr pourme l’atlacher aux dépens de celui qui s’étaitmontré si fidèle. Une diversion suédoise parTorneo, près du pôle, ne pouvait pas agirsur la grande question de manière à mefaire souscrire à de telles conditions, quin’excitèrent que mon courroux.
Projets pour la campagne.
Pénétré de l’importance de la lutte quiallait s’engager, je rassemblai l’armée laplus nombreuse qui eût jamais combattu en
Europe [ 1 ]; renforcé par les troupes queme fournirent la Prusse, l’Autriche et lesprinces de la Confédération, je me trouvaià la tête de 480 mille hommes, qui traver-sèrent la Prusse et le duché de Varsovie ,dans les mois d’avril et de-mai, pour seporter sur le Niémen . Ceux qui s’imaginentque j’avais un plan de campagne profondé-ment calculé d’avance, se trompent; je n’aijamais cru à la possibilité d’un tel plan oùl’on prétendrait enchaîner une longue sé-rie d’événements. J’espérais que les Russes défendraient la Lithuanie ; je me croyaiscertain de gagner la bataille, s’ils l’accep-taient. Les circonstances du moment de-vaient décider le reste.
Diversion espérée des Turcs.
Je comptais encore sur une diversionplus ou moins forte de la part des Turcs,car les négociations traînaient à Bucharest ,et j’espérais que leur intérêt manifestel’emporterait. Dès que le traité d’allianceavec l’Autriche eut stipulé l’intégrité del’empire ottoman , je chargeai Andréossi,mon ambassadeur à Vienne , de se rendreà Constantinople , à l’effet d’y concerter unealliance et un plan d’opérations communes.Des retards provenant de l’expédition dufirman du grand-seigneur le retinrent auxfrontières, et il arrivait à peine, lorsque jefranchissais le Niémen . Déjà il n’était plustemps ; l’or de l’Angleterre et les intriguesdes Morottzzi avaient corrompu le divan etle visir même ; et ces ignorants disciples deMahomet firent la paix au moment où ilspouvaient réparer les suites d’un siècle deguerres malheureuses. Cette paix, qui futsignée le 25 mai, au quartier-général russe
[1] Les grandes invasions des Cinabres, desHuns, etc., n’ont jamais présenté une masse de com-battants pareille à celle de l’armée de isiî.