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NAPOLÉON AU TRIBUNAL DE CÉSAR, ETC.
à Trévise n’était point de la même familleque la mienne, mais que s’il avait des des-cendants, ceux-ci pourraient se targuer unjour avec plus de raison d’être les miens.
Démarche prescrite à Lauriston.
J’apprends à Dresde que l’empereurAlexandre a quitté sa capitale pour se ren-dre à Wilna: il est à craindre que Narbonne ne tarde beaucoup à l’atteindre. Je dicte àMaret une lettre pour Lauriston, mon am-bassadeur à Pétersbourg; je le charge defaire son possible pour arriver jusqu’à l’em-pereur, afin de chercher à ranimer ses an-ciens sentiments pour moi, et pénétrer lavéritable cause de son changement, que j’at-tribuais à des intrigues, au lieu de la trou-ver tout simplement dans ce qui se passaiten Europe depuis trois ans [i]. Ces démar-ches pacifiques, qu’on a fait sonner si haut,et qui ne pouvaient mener à rien, si lescauses de dissidences politiques ne ces-saient, n’étaient point dénuées de franchiseau moment où je les fis; mais leur sincéritéconsistait à obtenir d’Alexandre tout ce quime convenait, un traité de commerce avan-tageux, le maintien du système continental,et l’adhésion à tout ce que j’avais fait à maconvenance depuis trois ans. Si j’avais pul’obtenir sans la guerre, je l’aurais préféré,et j’eusse volé en Espagne ; en cas de refus,je poursuivais alors mon entreprise déjàcommencée, puisque mes troupes, affluantdes quatre coins de l’Europe , arrivaient surla Vistule .
J’attendais avec impatience le retour deNarbonne . Enfin il arrive le 28 mai : il a
[1] En admettant que l’intrigue ourdie contre Spe ■ranski, et autres petits moyens de cette espèce, eus-sent envenimé les sentiments d’Alexandre, il fautconvenir que ce n’était pas là la cause de ses arine-
trouvé l’empereur Alexandre à Wilna, sansjactance comme sans faiblesse ; il ne sauraitrien ajouter ni retrancher à ce qu’il m’afait communiquer par Kourakin. La lutteest désormais inévitable.
Mission de de Pradt à Varsovie .
Les nouvelles reçues de W r ilna annoncent,que l’empereur de Russie comble les Polo-nais-Russes de grâces et de bons traite-ments. Il devient plus urgent que jamaisd’agir sur la Pologne , et de la faire décla-rer. J’avais eu, à la fin de isti, le projetd’envoyer à cet effet Talleyrand à Varsovie pour préparer, de concert avec les Polonaisde toutes les provinces, les mesures néces-saires à la restauration de leur pays. Depuisla scène que je lui avais faite à mon retourd’Espagne , il vivait étranger aux affaires etbrûlait d’y rentrer. Cette mission était uneœuvre de ruse e( d’intrigue ; il fallait our-dir adroitement une trame : c’était lui four-nir une occasion de reprendre la directionde notre politique. Mais le vindicatif diplo-mate n’eût rien de plus pressé que de faireébruiter sa mission à Vienne , où elle devaitêtre plus cachée que partout ailleurs : c’é-tait un charme à ses yeux de faire avortermes projets. J’eus peine à contenir l’indi-gnation que devait m’inspirer un pareil pro-cédé, qu’on peut qualifier d’attentat contreles intérêts'de la France : j’hésitais à pro-noncer son exil ; mais il avait été initié auxplus grands secrets de l’état, il fallait leperdre ou l’enfermer pour la vie ; et je n’euspas la force de m’y décider. Le bruit quecette affaire avait fait me força à différer lamission jusqu’après l’alliance avec l’Autri-che . J’en chargeai enfin M. de Pradt, ar-
ments. On sait cr qu’il avait dit à Caulincourt, enrecevant le traité de Vienne; et ce que la réuniond’Oldenbourg imposait à son honneur.