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Tome second.
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NAPOLÉON AU TRIBUNAL DE CÉSAR, ETC.

à risquer une bataille, de crainte de me voirprendre uneassiette solide au cœur de l’em-pire.

Séjour à Wilna.

Je demeurai quinze jours à Wilna, et onme l’a reproché comme une faute grave tu.Plusieurs motifs m’y portèrent : le premierétat d’attendre des nouvelles des opérationsdirigées contre les différentes colonnes enne-mies qui erraient à ma droite et contre l’ar-mée de Bagration ; le deuxième, de pour-voir aux arrangements pour l’arrivage denos magasins restés à Kœnigsberg ; le troi-sième, d’organiser un gouvernement provi-soire en Lithuanie ; enfin le quatrième, dedonner le temps au vice-roi et aux Bava-rois de nous joindre et de se mettre en lignesur la Dwina.

Notre entrée en Lithuanie s’était faite sousde fâcheux auspices, des pluies affreusesabîmèrent nos chevaux, qui ne mangeaientque du seigle vert, et bivouaquaient par unvrai déluge ; ceux d’artillerie périssaientpar attelages entiers. Je fus obligé délaisser100 pièces et soo caissons dételés ; l’arrondis-sement de Wilna était encombré de 4 à 5 millecadavres de chevaux. L’embarras des vivreset le désordre d’un passage de 300 mille hom-mes avaient occasionné une multitude detraîneurs; on en comptait déjà plus de30 mille. Tout cela donnait à penser.

Mission du général Balaschof.

Peu de jours après notre entrée à Wilna,l’empereur Alexandre m’envoya le généralBalaschof, son atde-de-camp et ministre dela police, qu’on m’avait signalé comme un desplus chauds partisans de l’alliance anglaise.

10 Les quinze jours de séjour à Wilna ont décidéprobablement du sort de la guerre. Ce séjour est siextraordinaire de la part du vainqueur de llalis-

II apportait la réponse à la démarche faiteparLauriston. L’empereur deRussieannon-çait la disposition de persévérer dans le sys-tème continental et d’entrer en arrange-ment sur tous les autres points; mais ildemandait au préalable que nous retournas-sions au-delà du Niémen , étant résolu àvaincre ou à mourir plutôt que de traitertant que son territoire serait occupé par unsoldat étranger.

Il y avait de la grandeur dans cette réso-lution au moment où elle me fut communi-quée ; car j’avais de si grands avantages, enapparence, qu’on devait craindre qu’unetelle proposition n’augmentât mon courroux.Je fis sentir à Balaschof que je ne pouvaispas renoncer aux fruits de mes manœuvreset m’en aller sans certitude de la paix. Aufait, Bagration était traqué et poursuivi;j’espérais l’entamer : il était de mon intérêtde pousser jusqu’à la Dwina, où je pour-rais mieux discuter mes intérêts et exigerdes garanties ; enfin, j’attribuais moins celledémarche à une fierté honorable, qu’audésir de gagner du temps pour réunir l’ar-mée russe disséminée, et je laissai percerl’humeur que cette supposition me donnait.

On a eu la bonhomie de dire qu’arrivéhuit jours plus tôt, Balaschof eût amené lapaix, que les Russes se seraient retirés der-rière la Dwina, que je fusse resté derrièrele Niémen , qu’on eût neutralisé Wilna, etque de nouvelles combinaisons eussentchangé la face du monde. Tout cela sont debelles phrases. D’abord , comment croireque les Russes eussent consenti à évacuerla Lithuanie , lorsque 400 mille ennemis bor-daientle Niémen ? Quelle puissance, se res-pectant un peu, eût commencé par évacuer

bonne et d'ùlin , qu’on ne peut l’imputer qu’à unecause qui ne sera sans doute jamais connue.

(Éditeurs.)