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Tome second.
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NAPOLÉON AIT TRIBUNAL DE CÉSAR, ETC.

lors, ils se prononcèrent avec plus defermeté, et le cabinet de Londres , loin devouloir se départir de son système, ayantpermis la continuation de plusieurs acteshostiles, les Américains indignés leur dé-clarèrent enfin la guerre.

Si celle de Russie n’eût pas été commen-cée, cet événement aurait pu avoir unegrande influence sur les destinées du monde.Déjà un autre événement avait amené unerévolution ministérielle en Angleterre : Per-ceval, victime de l’inimitié personnelle d’unhomme exalté, était tombé sous le fer d’unassassin (11 mai) ; sa mort ne se rattachait àaucune combinaison politique, mais il pou-vait être remplacé par un ministre moinshostile contre moi. A la vérité, les succèsde Wellington et les chances qu’amenait laguerre de Russie n’étaient pas des circon-stances propres à ramener l’ambitieux cabi-net de Londres vers la paix, et la guerremême contre les États-Unis n’amenait paspour l’instant des chances assez dange-reuses pour balancer tout ce qu’on se flattaitd’obtenir en entraînant mon activité et mesphalanges au centre de la Moscovie . Le nou-veau ministère, à la tête duquel se trouvaitlord Liverpool et Castlereagh pour les affai-res étrangères, Bathurst, Harrowbi, etc.,ne dévia en effet nullement de la marche decelui qui l’avait précédé. D’ailleurs , le ferétait trop engagé pour qu’il pût en résulteraucun changement avant la fin de la campa-gne, dont il est temps de reprendre lesévénements.

Opérations contre Hagration.

Les entrevues diplomatiques sans fruit nesuspendirent en rien le cours des opéra-tions militaires, dont je me promettais plusde succès. L’armée de Barclay se réunit ensûreté à l’abri du camp de Drissa : c’est doncsur celle de Bagration , qui reste compro-

mise, que je fixe toute mon attention.Davoust, que j’ai poussé sur Minsk avec deuxde ses divisions, doit être en mesure de l’ar-rêter en tête. Le roi de Westphalie estentré à Grodno , le 30 juin, avec les Polonaiset les Westphaliens ; les Saxons sont enmarche pour le rejoindre ; il aura 65 millehommes : il pressera et harcèlera Bagration en queue; il peut être secondé par Schwart-zenberg, qui est à la vérité destiné à fairepartie du centre sous mes ordres, mais qui,placé naturellement à la droite, se dirige parProujani sur Slonim .

Le prince Bagration , instruit à Wolko-wisk du passage du Niémen et de l’intentionde rassembler l’armée aux environs deWilna, avait d’abord eu l’envie de prendrela route de cette ville par Mosty, pour agirconformément au plan d’opérations arrêtéavant la campagne ; mais l’ordre de se di-riger sur la Dwina le décida à prendre lechemin de Nowogrodeck et de Nicolajeffpour gagner Vileika. Davoust l’ayant déjàdébordé, le général russe fut forcé de serabattre par Mir, où il s’engagea de nou-veau dans la direction de Minsk par Kai-danow. C’était une faute ; car Davoust étaiten mesure d’entrer à Minsk avant lui. Lors-qu’il en eut la certitude, Bagration se ra-battit de nouveau au sud-est, pour attein-dre Neswije avant les Polonais : il y arrivale s.

Jérôme, parti le i cr juillet de Grodno ,s’est dirigé sur Bielitza, où il n’arriva quele 7. Quoiqu’il ait motivé cette lenteur surdes obstacles provenant des localités ou desmesures de l’ennemi, il est certain qu’il au-rait pu marcher plus vite. Les Polonais quiformaient l’avant-garde du roi de West-phalie , ayant néanmoins passé une secondefois le Niémen à Bielitza, s’avancèrent surMir, où leur cavalerie eut, le 9 et leio, deuxengagements avec Platof et Wassiltchikof;