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Tome second.
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NAPOLÉON AU TRIBUNAL DE CÉSAR, ETC.

avec les agents diplomatiques qui suivaientmon quartier-général. Il veillera à nos rela-tions avec les alliés et avec les autoritéspolonaises; il servira d’intermédiaire à lacorrespondance de mes lieutenants, quicommanderont sur les derrières ; il impri-mera enfin aux opérations administrativeset militaires toute la vigueur que produisentles ordres de mon cabinet.

Si rien ne m’a réussi jusque-là, j’espèredu moins me dédommager de ce tempsperdu.

Chances que me promet le camp de Drissa.

Le camp que la première armée russeavait pris à Drissa était une preuve mani-feste que ses généraux n’avaient pas com-pris leur position, et une preuve plus posi-tive encore que tout ce qui a été débité surle prétendu projet combiné de Barclay pournous attirer en Russie est un conte, non dunarrateur français , mais de l’officier prus-sien dont il a été l’écho. Mon séjour à Wilnam’empêcha de profiter de cette faute capi-tale qui ne devait plus se représenter: il futainsi une calamité. En se bornant à cou-vrir la route directe de Wilna à Pétersbourg ,les Russes laissaient sans défense les routesqui conduisaient au cœur de leur empire. Ilsse doutaient si peu du danger de leur ma-nœuvre excentrique, qu’à l’instant où ilsm’abandonnaient les routes centrales deWitebesk et deBorisof. ils prescrivaient auprince Bagration de les rejoindre de Slo-nim à Drissa, par un mouvement immensequi n’aurait pu s’exécuter qu’au milieu denos colonnes. Heureusement pour lui qu’ilse trouva, dès le premier pas, dans l’impos-sibilité d’obéir. N’ayant pu l'entamer, je ré-solus du moins de profiter de la doublefaute de l’ennemi, en me jetant en massesur Polotzk. Après avoir gagné l’extrêmegauche de leur armée principale, je me se-

rais rabattu sur la ligne, qui, forcée dechanger de front, eût combattu adossée àla mer. Une seule bataille gagnée, et j’enavais bon marché, les débris de cette armée,refoulée sur la Courlande , eussent étéobligés de se faire jour, de mettre bas lesarmes, ou de sauter à la mer.

Le 18 juillet, j’arrivai à Gloubokoë. Monintention était de continuer les jours sui-vants à me porter sur Polotsk , où j’avaisaussi marqué la direction du roi de Naples,qui devait s’y rendre en filant par sa droitele long de la Dwina.

L’empereur Alexandre évacue Drissa à temps.

Rien ne semblait devoir s’opposer à laréussite de mes projets; mais dans toutecette guerre, j’ai éprouvé l’influence d’unmauvais génie, qui faisait naître à pointnommé des incidents hors du calcul ordi-naire des probabilités, pour me faire perdrele fruit des combinaisons les mieux conçues.Pouvais-je prévoir que l’année russe ne de-meurerait que trois jours dans un camp quiavait coûté plusieurs mois de travaux et dessommes immenses? Ce fut cependant cequi arriva.

Il ordonne la,jonction de ses armées et se rendà Moscou .

L’empereur Alexandre, qui n’avait adoptéce camp que sur les instances d’un généralpusillanime, aussi étranger à la Russie qu’àla guerre, reconnut tout à coup le dangerde sa position. II sentit que deux armées sifort inférieures en nombre à la nôtre, divi-sées, et sur la réunion desquelles il ne fallaitpas compter, ne sauveraient pas la Russie ;il lui parut évident que cela ne pouvaits’opérer que par une levée générale de sanation. Alexandre ordonna donc à Barclayde se rabattre sur Smolensk , de faire toutau monde pour rejoindre Bagration . Il le