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Tome second.
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CHAP. XVIII. CAMPAGNE DE 1812.

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enfin lever toutes mes incertitudes : ilsm’annoncent qu’il ne serait pas impossibled’amener les Russes à une bataille. Le roide Naples, qui s’était d’abord flatté d’enta-mer sérieusement l’armée ennemie dans saretraite, est étonné de la trouver forméederrière la Loujea ; il ne doute point toute-fois qu’elle ne veuille accepter le combat:Barclay en avait eu en effet la pensée. In-formé de cette circonstance dans la nuitdu 24, je pars aussitôt à la tête de mesgardes, qui font douze lieues à tire d’ailes,dans l’espoir de joindre enfin l’ennemi, quinous échappait toujours comme par en-chantement. Poussé par le désir de l’enta-mer, Murat ne m’avait pas attendu pourl’aborder : il avait lancé déjà la cavalerie deMontbrun contre la gauche; mais Davoust,trop faible en infanterie, se souciait peud’engager une affaire générale contre l’ar-mée entière : la division se mit entre eux,et l’attaque n’eut pas lieu. Cependant lemouvement de Montbrun avait excité lesalarmes des généraux russes , qui craigni-rent, non sans fondement, d’être assaillissur leur gauche et refoulés sur le Dniéper ;ce que je n’aurais pas manqué de faire,s’ils m’eussent attendu. Barclay, renonçantdonc à tenir cette position périlleuse, venaitd’abandonner Dorogobuje au moment oùj’arrivais pour le combattre.

Le vice-roi avait suivi la direction dePétersbourg jusqu’à Doukhowschina ; puisil se rabattit à droite pour entrer en ligne,après avoir laissé une division sur Sourage,d’où le général Winlzingerode, avec uncorps volant, menaçait la communicationde Witepsk .

A mon arrivée au quartier-général deMurat, je trouvai l’ennemi disparu de nou-veau des rives de la Lougea, et la discordedans notre camp. Murat se plaignait avecraison que Davoust se fût opposé à l’enga-

gement de son infanterie, et le maréchalrépondait qu’on surprenait ma religion parde faux rapports. Je donnai à Murat le com-mandement direct de la division Compans,qu’on lui avait refusée. On s’était attenduque l’ennemi tiendrait sur l’Osma; on lesuivit : il évacua Dorogobuje, et atteignitWiazma. Nous étions si près de Moscou ,qu’il n’y avait plus à hésiter; huit marchessuffisaient pour y arriver : huit marchessont si peu de chose pour des gens quiarrivent des extrémités de l’Europe ; com-ment ne pas s’y décider lorsque la paix etl’empire du monde peuvent en être le fruit,et qu’au pis aller, l’occupation d’une grandecité procure toujours d’immenses ressour-ces dont une armée si loin de sa base abesoin? Tous les motifs qui, à Witepsk ouà Smolensk , auraient pu me retenir sur laDvvina ont disparu; la moitié de la distancequi nous sépare de Moscou est franchie;toute hésitation doit cesser. Pour diminuerles chances de la pointe que nous allionspousser dans l’espoir de terminer la guerre,j’ordonnai à Bellune d’accourir du Niémen pour remplacer mon armée à Smolensk .Augereau portera la moitié de ses divisionssur Kœnigsberg et Varsovie , et nous res-terons convenablement échelonnés. Cetteréserve de Bellune, qui compte 32 millehommes, s’établira entre Roslaw et Wi-lepsk, prête à soutenir celle de mes ailesqui en aurait besoin, et à seconder, s’il lefaut, mon armée.

Cependant la retraite des Russes conti-nuait sur Giatz avec une fermeté exemplaire.La seule arrière-garde de Rosen, échelon-née par deux corps de cavalerie, tint têteà toutes les forces de Murat et de Davoust.Il faut rappeler néanmoins que la meilleureintelligence ne régnait pas entre ces géné-raux; que nos chevaux, réduits à mangerde la paille de seigle, tombaient d’inanition,