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NOPOLÉON AIT TRIBUNAL DE CÉSAR, ETC.
et n’étaient pas de force à se mesurer avecavantage contre la cavalerie mieux conser-vée de l’ennemi. Toujours massés sur lagrande route,'arrêtés à chaque ruisseau, àchaque bois, à chaque pont, à chaque dé-filé, nos escadrons, foudroyés par des bat-teries bien placées, devaient attendre l’in-fanterie, qui n’arrivait jamais que pour êtretémoin du départ de l’ennemi; celui-ci,bientôt recueilli par ses échelons, se trou-vait en mesure de recommencer le combatavec des troupes fraîches contre nos (êtesde colonne exténuées.
Les difficultés sans cesse renaissantes decelte poursuite étaient accrues par l’espritdes habitants du pays. Dès que nous eiimesdépassé Smolensk , nous fûmes à mêmed’observer des symptômes alarmants, pré-sages sinistres d’une guerre nationale, quel’armée la plus formidable ne peut jamaissoutenir avec avantage contre un peupleentier décidé à vaincre ou à mourir. Nousn’avions plus à faire aux Lithuaniens, spec-tateurs impassibles des grands événementsqui se passaient autourd’eux. La populationentière, composée de véritables Russes ,désertait ses foyers à notre approche. Par-tout sur notre passage nous ne trouvionsque des villages abandonnés ou brûlés : lapopulation, refoulée au loin, se formait enbandes qui guerroyaient avec nos fourra-geurs; nulle part elle ne se montra inquié-tante, mais partout elle s’attroupait contreles maraudeurs qu’elle enlevait ou massa-crait. La ville de Wiazma fût incendiéeavec ses riches magasins; Giats subit lemême sort; et s’il en demeura des vestiges,on en fut redevable à nos avant-gardes, quicombattaient d’un côté et couraient arrêterl'incendie de l’autre.
Bataille de Borodmoou de la Moacowa.
Les renseignements que je reçus dans
cette dernière ville m’apprirent que l’arméerusse avait changé de chef, et qu’elle s’ap-prêtait enfin à nous livrer bataille dans uneposition qu’elle retranchait à la bâte. L’em-pereur Alexandre, cédant à la voix publiquequi attribuait les malheurs de la guerre aumauvais choix des généraux , avait déféréle commandement suprême au généralKoutousof, vainqueur des Turcs. On accu-sait, le prussien Pfidd d’avoir causé lespremiers malheurs de la campagne ; onreprochait à Barclay lui-même son origineétrangère; sa manie des retraites avait parususpecte aux purs Moscovites : c’est unRusse seul qu’il faut pour sauver la patrie.Tous sont d’accord que le vainqueur deRoudschouck. le négociateur de Bucharest est capable de la tirer dépéri!. Le nouveaugénéralissime, persuade que, pour conserversa popularité dans l’armée et dans la nation,il ne fallait pas nous laisser arriver à Mos-cou sans livrer bataille, s’était décidé àl’accepter dans la forte position qu’il occu-pait près de Borodino, en avant de Mojaisk .et où il fut joint par 10 mille miliciens deMoscou , à peine organisés.
Le s septembre, les deux armées se trou-vent en présence; l’ennemi a fait construireune redoute en avant de sa gauche, prèsdu village de Schwardino, pour défendreles accès de cette partie qui se trouve laplus exposée. Il est important de le chasserde ce poste avancé, pour être plus à por-tée de reconnaître la position principaleet de l’aborder. Je le fais attaquer par ladivisionCompans, qui l’enlève de la manièrela plus brillante.
La journée du lendemain est employéeà bien reconnaître la ligne ennemie, et leterrain sur lequel nous devons opérer. Desdeux côtés on s° prépare à la journée dé-cisive. Les Russes , pleins d’nn sentimentreligieux, y mêlent les pompes du culte grec