NAPOLÉON AU TRIBUNAL DE CÉSAR, ETC.
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Une de ses divisions marche à Oustiza, l’au-tre se jette dans le taillis.
Junol entre en ligne.
De notre côté, Junot venait de se déployerderrière Ney et d’engager sa première ligne,que l’impétueux maréchal lance aussitôt surl’ennemi la droite de la sienne. Pour agirplus efficacement encore, en débordant laposition que les Russes disputaient avectant d’opiniâtreté, la seconde ligne desWestphaliens reçoit l’ordre d’appuyer àdroite et de pénétrer dans le taillis qui sé-parait Davoust de Poniatowski.
Exécuté une heure plus tôt, ce mouve-ment eût été décisif; mais la cavalerie deréserve du prince Galitzin a eu le temps dese mettre en devoir de disputer aux Wesl-phaliens la plaine où ils devaient déboucher,et l’arrivée du corps de Baggawout permetde leur opposer la division Eugène de Wur.temberg , qui, venant à propos au secoursde cette cavalerie, repousse dans le bois lescolonnes westphaliennes qui la menaçaient.La cavalerie du prince Galitzin a profité dece moment pour faire une belle charge surnotre droite ; elle s’est même emparée d’unebatterie de réserve, lorsqu'un brave régi-ment d’infanterie de la division Dessaix(le 111 e ), débouchant du taillis, prend à reversces audacieux cuirassiers, les force à char-ger en arrière pour s’ouvrir un passage, etsauve ainsi notre artillerie.
Bagration sent la nécessité de donner àtous les renforts tirés de la droite le tempsd’arriver à leur destination, et juge que labataille dépend de la résistance qu’il oppo-sera; il se précipite sur Ney à la tète de ladivision de grenadiers du prince de Meck-lembourg, soutenue d’une brigade des gar-ldes et de huit régiments de cuirassiers;les restes de Woronzof et de Neweroswki,appuyés d'une division de cavalerie légère,
secondent l'effort en attaquant Davoust;toute la ligne ennemie marche de nouveausur nous; une des redoutes est reprise,Murat lui-même est forcé de se réfugier aumilieu de la division Razout.
Ney s’élance à la tête de ses réserves; ladivision Friant reçoit l’ordre d’appuyer àgauche de celle de Razout en marchant surle village de Semenofskoë ; la redoute per-due est reprise; Friant, dont la marche apuissamment contribué à la retraite de l’en-nemi qu’il déborde, franchit même le ravinde Semenofskoë et s’empare du village. Ladivision Konownitzin, qui venait d’arriverde l’extrême gauche, l’arrête à son tour, etl'oblige à revenir à la hauteur des redoutesoù Ney continue à s’avancer.
Attaque décisive de Ney sur Semenofskoë.
En effet, maîtres des flèches, mais mena-cés par l’attitude de Bagration qui continueà recevoir les renforts de la droite, Ney etDavoust se disposent à le culbuter derrièrele ravin de Semenofskoë; on les fait appuyerpar tout ce qu’on peut placer d’artillerie, etle vice-roi se prépare aussi à les seconderen attaquant le centre.
Rien ne peut arrêter 1 ’impélueuse ardeurde Ney ; Bagration , craignant d’ètre en-foncé, se précipite lui-mêine à la tête de seslignes, baïonnette basse, dans l’espoir deressaisir l’offensive. Une mêlée terribles’en-gage; Bagration est grièvement blessé,ainsi que son chef d’état-major St-Priesl :les troupes misses, privées de direction,sont près d’être entièrement défaites ; maisl’impassible Konownitzin en prend le com-mandement, les ramène derrière le ravin deSemenofskoë, et, protégé par une artilleriebien placée, arrête l’élan de nos colonnes.
Il fallait rendre ces avantages décisifs;Murat lance à cet effet les corps de Nan-souty et de Latour-Maubourg au-delà du