CHAP. XVIII. CAMPAGNE DE 1812.
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eût marché en échelons an centre des deuxattaques, et que Panialowski, lié à Davoust,eût débordé la droite de Touczkof, dans lebois d’Oustiza. Nous eussions accablé ettourné la gauche de l’ennemi, dès le prin-cipe, avec une masse irrésistible ; nous l’eus-sions forcé à un changement de front, paral-lèle à la grande route de Moscou et à laMoscowa qu’il aurait eue à dos. Il n’y avaitdans cette trouée que quatre faibles régi-ments de chasseurs embusqués dans le taillis, en sorte que le succès ne semblait pasdouteux.
A six heures du matin le signal est donné :l’artillerie foudroie les flèches. Davousts’élance avec ses deux divisions. La gauched’Eugène, composée de la brigade Plati-sonne, qui devait rester en observation ense bornant à occuper Borodino , s’aban-donne, par un zèle malentendu, au-delà duvillage, et débouche contre le corps entierde Doctorof, qui la ramène avec perte.Plausonne meurt victime de l’ardeur de sesbataillons, et Delzons parvient à peine à dis-puter Borodino aux forces supérieures quel’ennemi présente sur ce point.
Davousl est repoussé.
Davoust, attaquant avec le premier éche-lon la division des grenadiers de Woronzof,dans un poste couvert de retranchements,et inquiété en flanc par les chasseurs donton vient de parler, eut forte affaire ; la divi-sion Compans emporte le redan de l'ex-trême gauche avec un rare courage. Cebrave général y est blessé; Davoust lui-même a son cheval tué, et en reçoit uneforte contusion. Dessaix, qui a remplacéCompans, est également mis hors de com-bat. Rapp vient prendre le commandementde cette division abîmée, et qui, trois fois,se voit veuve de ses chefs. Cependant lesRusses n’avaient pas moins souffert ; Wo-
ronzof était blessé, et l’ouvrage enlevé.Notre succès ne fut pas de longue durée :l’ennemi, protégé par le feu de ses batte-ries, ayant fait avancer l’infanterie de saseconde ligne (division Neweroswki), nostroupes durent évacuer l’ouvrage qu’ellesvenaient d’enlever. Bagration , qui a vu l’o-rage prêt à fondre sur lui, appelle en toutehâte la division Konownitzin du corps deTouczkof. Une division de cuirassiers et unebrigade de jeunes gardes viennent de laréserve pour soutenir le flanc gauche me-nacé.
Attaque de Ney et de Davoust.
Le petit contre-temps que nous fit éprou-ver la retraite momentanée de Compans futbientôt réparé; Ney, arrivant en échelons,se porte à la tête de la division Ledru, surla même redoute, et, secondé par les trou-pes de Compans, il y entre par la gauchepresqu’au même instant où elles y pénètrentde nouveau par la droite.
L’ennemi tient encore la troisième flècheque Ney et Murat font attaquer par la divisionRazout; elle est sur le point de s’en empa-rer quand elle est chargée elle-même parles cuirassiers russes. Il y a un momentd’incertitude ; cependant notre infanteriefait bonne contenance, et donne à la cava-lerie de Bruyères le temps de la dégager.Razout, électrisé par Murat, se précipitesur les retranchements et y pénètre.
Les Russes renforcent la gauche.
Plus de deux heures ont été consuméesà ces attaques. Koutousof, qui a pu aisé-ment découvrir les grosses masses prêtesà fondre sur sa gauche, avait eu le tempsde prescrire à la droite de se mettre enmarche pour la soutenir. Le corps de Bag-gawout, envoyé par Barclay, dépassait déjà,à neuf heures, la hauteur de Semenofskoë.