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Tome second.
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NAPOLÉON AU TRIBUNAL DE CÉSAR. ETC.

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là où j’espérais trouver tous les résultats dela guerre. Dès que nous fûmes maîtres despositions de la gauche, j’étais certain quel’ennemi m’abandonnerait le reste à la nuit;pourquoi donc m’exposer volontairementaux conséquences de la journée de Pul-tava ?

Cette sanglante et mémorable bataille,que nous avions si ardemment désirée,était loin de remplir mon but. J’avais es-péré de la livrer en Lithuanie , et de larendre décisive; je la trouvais à 200 lieuesplus loin, et il ne me restait qu’un terraincouvert de60 mille blessés ou mourants desdeux partis, sans le moindre trophée [1].

Mânes des braves qui succombèrent danscette mémorable journée, la postérité vousélevera des monuments immortels! Mont-brun, Caulaincourt, Plausonne, Romeuf,Bonamy, Marion, Compère, Huart, plusheureux que vos frères, vous avez suc-combé au moment où votre gloire était àson apogée, et vous vous êtes lancés dansl’éternité, lorsque la patrie était maîtressede la moitié de l’Europe !

Moins favorisés du sort Bagration , Kou-taisoff, Touzckof, du côté des Russes , suc-combèrent, emportant avec eux la douleurde voir leur pays envahi et menacé d’uneruine prochaine! Mais du moins leurs re-grets furent de courte durée. Ils ont bien-tôt appris que l’empire des czars était sortivainqueur de cette lutte glorieuse.

Entrée à Moscou .

Dès que le départ de l’ennemi fut si-

[1] La perte des deux partis s’éleva à plus de somitle hommes hors de combat, dont 12 à 15 milleblessés russes regagnèrent Moscou , où la plupartdevinrent la proie des flammes.

Les blessés français y furent également transpor-tés ; presque tous périrent ou dans les hôpitaux, oudans la retraite.

gnalé, notre avant-garde se mit en devoirde le suivre par la route de Moscou . Unengagement assez vif vers Mojaisk me litcroire que nous n’y entrerions pas sanscoup-férir : l’ennemi eut effectivement l’in-tention de tenir en avant de la capitale,dans la position de Fili; mais s’étant ravisé,il ne fit que la traverser, et après avoir par-lementé avec le général Miloradowitsch,qu’il y avait laissé pour la forme, j’y entraile 14 septembre.

Bâtie comme Rome, sur sept collines,Moscou offre un aspect des plus pittores-ques. II faut avoir vu le superbe tableau queprésente cette grande cité,moitié orientale,moitié européenne , avec ses 200 églises etles mille clochers de couleurs différentesdont elles sont surmontées, pour se faireune idée de la sensation que nous éprouvâ-mes en la découvrant des hauteurs de Fili.Je fondais les plus grandes espérances surl’occupation de cette ville, dont la noblessepassait généralement pour être mécontenteet frondeuse, et que de faux rapports mepeignaient disposée à embrasser mon parti.Je me flattais, selon les circonstances, d’é-veiller l’intérêt de la noblesse contre le trône,ou d’élever un intérêt démocratique contrel’oligarchie, si elle se déclarait mon enne-mie. Erreur doublement complète, puisquela classe moyenne des cités, composée d’af-franchis sans crédit, d’étrangers jalousés,de marchands animés d’un patriotismeexalté, ne pouvait me procurer aucun ap-pui, et que la noblesse mécontente, plusexaspérée contre moi que la cour elle-même,

Les généraux blessés furent du enté des Français .Nansouty, Grouchy , Latour-Maubourg, Rapp, Corn-pans, Friant, Bonamy , Morand , Lahoussaye. Ducôté des Russes , les princes Galitzin, Charles deMecklenhourg et Gortschakof ; les généraux condeWnronzof, comte Sl-Friest, Krétof, Barhmelof,Yermolof. Likacshef.