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Tome second.
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CHAP. XVIII. CAMPAGNE DE 1813 .

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un examen plus mûr, je me ravise; je nemarcherai pas jusqu’à Pétersbourg, je n’enferai que la démonstration, et si elle ne dé-termine pas Alexandre à traiter, je me ra-battrai des plateaux de Waldai ou de No-wogorod sur la Dwina par Sebèje.

Ce double projet trouve autour de moiune forte opposition : pourquoi courir plusau nord, pourquoi marcher au devant del’hiver, comme s’il ne devait pas venir tou-jours trop tôt ? pourquoi enfin s’enfoncerdans un pays de marécages, cul-de-sac stra-tégique, où l’ennemi, renforcé de toutes leslevées de l’empire , peut nous suivre et nousconfiner? C’est vers le midi, vers la Wolhy-nie qu’il faut tourner nos vues ; là, du moins,l’hiver moins précoce et moins rude, nouspermettra de cantonner : de là, nous pour-rons revenir au printemps frapper la Russie au cœur.

Ces raisons spécieuses triomphent etm’entraînent ; je puis attendre une réponse :il ne faut que huit jours pour apprendrel’effet que la bataille de Borodino et la prisede Moscou auront produit sur le cabinet deSt-Pétersbourg .

L’incendie a assouvi ses fureurs ; je ren-tre le 19 dans les ruines fumantes de Mos-cou , pour y attendre des nouvelles de Kou-tousof et d’Alexandre.

Dangers de ce projet.

Il ne serait pas facile de décider si ce futun malheur d’avoir renoncé au mouvementsur Pétersbourg, car le calculateur le plushabile ne saurait affirmer les malheurs quecette entreprise audacieuse eût amenés.Exécuté dès le 20 septembre, le mouvementaurait pu nous conduire à Nowogorod, versle 15 octobre; Bellune, St-Cyr eussent été ànotre hauteur. Koutousof nous aurait suivisen queue; les combats journaliers d’arrière-garde nous eussent coûté du monde : le

pays peu fertile offrait moins de ressourcesque la Lithuanie ; nos chevaux abîmés ne sefussent pas rétablis; la jonction de nos forcesn’eût pas présenté 150 mille combattants.Koutousof, rallié à Wittgenstein et auxcorps de Riga , en aurait eu d’avantage avecles nouvelles levées et les troupes irréguliè-res. Il eût suivi son système favori de nousharceler par des combats partiels; et fautede vivres, il eût bien fallu revenir par Wi-tepsk sur Wilna. Si Koutousof eût repris ladirection de Smolensk,pour s’élever toujoursà la hauteur de notre aile droite, nous eus-sions éprouvé sur cette route tout ce quinous arriva sur celle de Smolensk .

Le seul parti sage eût été de marchersans délai sur Yolokolamsk et Toropets, etde reprendre de là franchement et directe-ment le chemin de Witepsk , ou de se por-ter aussitôt contre Koutousof, de le battre,de détruire les manufactures d’armes deToula, et de revenir par Kalouga et Roslaw sur Smolensk . Aucune autre opération nepouvait prévenir notre ruine.

Aujourd’hui que j’y songe de sang-froidet avec la connaissance plus exacte de l’étatdes affaires en Russie , j’avoue que le mou-vement sur Pétersbourg était bien moinsconvenable que celui sur le midi, surtout sicelui-ci eût été exécuté à temps : le premiern’était à bien prendre qu’une résolutiondésespérée. L’idée qu’Alexandre eût traités’il nous avait vus prendre le chemin deSt-Pétersbourg était erronnée ; sa réponseà Koutousof le prouve tout comme la mis-sion de Balaschof à Wilna : il avait résolude conserver intact l’honneur de sa cou-ronne, ou de succomber; or, il mettaitl’honneurdesacouronneà ne pas traiter tantque l’ennemi serait sur le sol russe.D’ail-

leurs, depuis Drissa, il s’était opéré une ré-volution importante dans le personnel del’état-major et dans les idées militaires de

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