CH AP. XVIII. CAMPAGNE DE 1812.
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demment sur les bords de la mer, on s’ex-posait à ce que l’ennemi, débordant la droite,jetât ces débris dans le Frish-Haff ; maisl’espoir de se renforcer du corps de Macdo-nald et de la division Heudelet ; resiée engarnison à Kœnigsberg , celui de trouverl’abondance dans un pays riche, enfin l’idéede se baser sur Dantzick, sont les excusesque Murat donna pour justifier cette réso-lution.
En comptant le contingent prussien,Macdonald avait encore 24 mille hommes :dans ma marche sur la Bérésina, j'avais em-ployé tous les moyens pour lui faire par-venir l’ordre de se replier sur Wilna ouKowno ; mais les mouvements de Wittgen-stein, après le passage de la Bérésina, leforcèrent à prendre la route de Kœnigs-berg . Abandonné dans cette marche parlecorps prussien de Yorck, qui traita avecl’ennemi, Macdonald, débordé par son flancdroit, fut trop heureux de gagner Kœnigs-berg avec la division polonaise qu’il dirigeaensuite sur Dantzick pour en renforcer lagarnison.
Surprise de nos cantonnements derrière la Vistule .
Murat, après avoir également porté ladivision Heudelet sur Dantzick, cantonnaune vingtaine de mille hommes derrière laVistule. Il avait sa droite vers Thorn , lagauche dans la direction d’Elbing ; mais laVistule était prise, la défection des Prus-siens donnait de justes craintes sur les com-munications : l’ennemi n’avait qu’à se pré-senter sur le flanc droit pour rejeter cesdébris dans Dantzick. L’avant-garde russeattaqua en effet Marienwerder , où Eugèneavait son quartier-général. Les Russes pé-nétrèrent dans cette mauvaise place par lanégligence des gardes avancées : la généralebattit. Eugène se mit à la tête des plus braveset parvint à s’ouvrir un passage ; plus
de mille prisonniers tombèrent au pouvoirde l’ennemi : l’extrême gauche des canton-nements se rejeta dans Dantzick; la droite,composée de Bavarois, entra dans Thorn.Quinze mille hommes prirent le chemin dePosen et s’échelonnèrent sur celte route :les Russes se contentèrent d’occuper Brom-berg et Elbing .
Murat part pour Naples , et laisse le commandementà Eugène.
Murat, voyant qu’il n’avait plus d’espoirde réorganiser l’armée, et convaincu que ladéfection de la Prusse allait nous coupertoute retraite, résolut de partir pour sonroyaume sans en attendre l’autorisation. Ilquitta Posen le n janvier, malgré les remon-trances du vice-roi, qui lui représentait l’ir-régularité de sa conduite, en sa doublequalité de maréchal de France et de monlieutenant. Aveuglé par l’espoir de conser-ver son trône, il décampa sous le nom d’unde ses aides-de-camp, et laissa à Eugèneindigné le soin de ramener l’armée derrièrel’Oder . Le premier soin du vice-roi fut des’arrêter dix jours à Posen , pour mettre plusd’ordre dans sa retraite ; les Russes , abîméseux-mêmes et contenus par les places deThorn et de Dantzick , s’arrêtèrent égale-ment derrière la Vistule .
Rapp commandait à Dantzick ; malgré sasévérité, il avait ouvert les portes de la villeà une foule de malheureux qui y venaientchercher un terme à leurs souffrances. Lenombre des troupes qui s’y trouvèrent ainsirenfermées excédait 30 mille hommes , eny comprenant la garnison; mais plus deîo mille étaient hors d’état de servir. Toute-fois c’était une petite armée ; et sous la pro-tection d’un rempart aussi formidable, jecomptais bien qu’elle donnerait de l’occupa-tion à l’ennemi. Elle n’a pas rempli monattente , ou pour mieux dire elle n’eut pas