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Tome second.
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NAPOLÉON Atf TRIBUNAL DE CÉSAR. ETC.

serais à Leipsick le lendemain; il sarrêtavers Liebert-Wolkwitz, après avoir cédéaux avant-gardes alliées les défilés impor-tants de Grœbern et de Gœhren : circon-stance qui eut les suites les plus fâcheuses.

Menacé le 14 par les alliés, Murat sentitquil fallait réparer sa faute. Encouragé en-core par la certitude que jarriverais dans lajournée, il tint vigoureusement Liebert-Wolkowitz, et se jeta entre Wachau etMagdeborn, sur la nombreuse cavalerie deBarclay qui le pressait. Nos dragons qui ar-rivaient dEspagne , brûlant de se signaler,firent des merveilles ; malgré les talents etla bravoure de Pahlen, malgré les chargesdune partie des réserves russes, nous étionssur le point de remporter la victoire, lors-quune charge de cuirassiers prussiens surnos soldats harassés et épars rétablit lecombat en faveur de lennemi.

Pressé de dissiper la tempête qui savan-çait contre nous de tous les points de lho-rizon , javais accéléré, autant quil était enmoi, le retour des forces engagées entreDuben et Dessau. Il eût été convenable delivrer bataille le 15; mais la chose devintmatériellement impossible : le gros de mesforces était encore trop éloigné. Bertrand,la jeune garde, arrivèrent dans la nuit du14 vers Euterisch; Macdonald dépassa Du-ben; Souham , avec le 3 0 corps, ny arrivaquà minuit : il fut obligé de prendre lelendemain la route dEulenbourg pour évi-ter lencombrement. Voyant ici le pontbrûlé, il remonta la Muide pour trouver unpassage, et narriva le 15, à la nuit, quàRothenhahn sur le chemin de Leipsick.

Le corps de Reynier, qui avait descendulElbe jusquà Roslau , chercha à rétablir lepont de bateaux deBernadotte pour revenirdirectement; mais limpossibilité et la len-teur de lopération forcèrent ce général àrétrograder sur Wittemberg , ce qui le re-

tarda de deux marches. Tous ces incidentsfirent différer mon attaque jusquau 16.

Les alliés se décident à m'attaquer.

De leur côté, les souverains, instruits demon retour à Leipsick, et craignant que jenaccablasse Blücher , prirent la résolutionde mattaquer le même jour. Fiers de leurssuccès du 14, ils ne jugèrent pas devoir at-tendre larrivée de Benningsen et de Collo-redo, qui nentreraient en ligne que le 17;vu que jaurais eu tout le loisir, dans cetintervalle, de porter des coups sensibles àlarmée de Silésie . Il fut donc résolu quonmassaillirait le 16, moins dans lespoir deremporter une victoire décisive, que pourgagner le temps damener toutes les forcesde la coalition sur le champ de bataille,allait se décider le sort du monde civilisé.

Singulier projet de Schwartzenberg.

Schwartzenberg avait eu dabord la singu-lière idée de jeter ses réserves et le gros delarmée dans le cul-de-sac entre la PleisseetlElster, d il ne pouvait déboucher quepar un pont étroit au milieu de toute monarmée; tandis que la droite, sous les ordresde Barclay, composée des corps de Kleist ,Willgenstein et Klénau, se serait avancéeentre Libert-Wolkwitz et la Pleisse . Silaffaire avait été engagée de la sorte, la dé-faite totale de la grande armée alliée eût étéimmanquable. Mais lempereur Alexandre,ayant vainement démontré à Schwartzen-berg le ridicule de son projet, déclara posi-tivement que ses troupes et celles du roi dePrusse resteraient sur la rive droite de laPleisse . Ainsi le corps des grenadiers, tou-tes les gardes, les réserves, en un mot35 mille hommes délite, furent ramenés aupoint décisif par la volonté ferme de lem-pereur Alexandre. Le généralissime autri-chien persista, de son côté, à porter les