CHAP. XX. CAMPAGNE DE 1813.
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siennes dans le cul-de-sac de Connewitz. Lecorps de Giulay fut encore détaché parZwenkau pour tourner Leipsick et s’empa-rer de la grande route à Lindenau . Cetteposition des alliés était un peu large; ilsemble que Blücher et Bernadotte se trou-vant alors vers Halle, la grande armée eûtmieux fait de se diriger sur Zeitz , pour éta-blir ainsi 250 mille hommes sur mes com-munications. Benningsen eût pu être di-rigé de Coldiz sur Altenbourg , pour couvrirla route de Bohême pendant ce mouvement.Toutefois, il est juste de convenir que lamarche de Blücher et. de Bernadotte sur laSaale , n’étant pas la suite d’un plan concertéavecles souverains, et ceux-ci n’ayant qu’unenotion vague à Altenbourg de ce que fe-raient les deux armées du nord, ils ne pou-vaient pas trop arrêter un plan d’opérationssur de pareilles données. Dès lors il étaitnaturel qu’ils adoptassent le projet de mar-cher directement à moi, en cherchantnéanmoins à inquiéter ma ligne de retraite.A cet effet, il convenait que la grande arméede Bohême s’avançât sur Leipsick par larive droite de la Pleisse , en ne portant surmes communications que la force néces-saire pour s’emparer des défdés et arrêtermes têtes de colonne en retraite. Le corpsde Giulay suffisait pour cela ; mais il auraitété convenable de lui donner 3 à 4 mille che-vaux de plus, car on ne manquait pas decavalerie. Le reste des troupes autrichienneseût dû suivre alors l’armée principale, enne jetant qu’une division légère dans l’es-pace entre Rallia et Zwenkau , pour entre-tenir la communication avec Giulay : placer<# mille hommes dans cet entonnoir étaitune idée ridicule.
Bataille du 16 octobre.
Je ne m’en aperçus pas d’abord; maisquelque parti que prît l’ennemi, je sentis
qu’un effort vigoureux sur Wachau pou-vait seul me procurer la victoire.
J’avais confié à Ney le commandement gé-néral au nord de Leipsick, sur les corps deBertrand, de Marmont et de Souham . Lesrenseignements et tous les calculs probablesannonçaient que Blücher filant de Halle parsa droite, viendrait nous attaquer par laroute de Mersebourg afin de mieux se lier àla grande armée. Cependant il était possiblequ’il se portât droit sur Leipsick par Skeu-ditz, et mes mesures devaient être prisesdans cette double hypothèse; ce qui néces-sairement y jeta quelque incertitude.
Mon premier projet avait été d’attirer àmoi deux des corps de Ney vers Wachau,pour y frapper le coup qui devait rétablirnos affaires : le 3 e corps, arrivant de Duben,aurait relevé Marmont vers Mœckern, oùil avait reconnu une position très-favorablepour contenir des forces supérieures, et oùil avait ébauché quelques retranchementspour la renforcer.
Si cette premièredisposition avaitpu s’exé-cuter, j’aurais eu 40 mille hommes de plusà Wachau, et l’armée de Bohême eût étéexposéeà une défaited’autant plus complète,que Schwartzenberg accumulait fautes surfautes.
Mais, tandis que les alliés se disposaientà m’attaquer partiellement, la fortune seplaisait à me contrarier par une foule depetits accidents qui dérangeaient toutes mescombinaisons.
J’avais cru que le duc de Padoue suffiraitavec 7 à 8 mille hommes à la défense de Leip-sick : l’approche du corps entier de Giulaymenaçant le passage de Lindenau , le seulqui nous restât en cas de retraite, Ney crutdevoir y diriger Bertrand, qui, à dix heu-res, était, déjà en mouvement sur Libert-Wolkwilz.