CHAP. XX. CAMPAGNE I)E 1813.
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aussi sa réserve : en un clin d’œil la tête decolonne de Merfeldt est enveloppée et enle-vée ; lui-même est fait prisonnier avec unmillier d’hommes ; le reste est culbuté dansla Pleisse : l’arrivée de la division Brayerdu 3 e corps achève de me tranquilliser surce point.
Cependant la concentration de tant deforces entre Kleeberg et la ferme d’Auen-heirn permet à l’ennemi de prendre Oudinoten écharpe; et notre centre, loin de conti-nuer ses progrès, s’estime heureux de semaintenir contre les masses qui lui sontopposées. La nuit mit à peine fin à ce longcarnage.
Marinent esl battu par BlUcher.
Nos affaires n’avaient pas été aussi bienau nord de Leipsick. Marmont venait derecevoir l’ordre de me joindre, quand Blii-clier, qui ne respirait que combats , parutà sa poursuite par la route de Skeuditz, etle mit dans l’obligation de s’engager : quoi-que cela l’empêchât d’arriver sur le point oùje comptais décider la querelle, ce n’eût étéqu’un demi-mal si les divisions du 3° corpsqui avaient dû le relever étaient arrivées àtemps; elles eussent pris sa place ou com-battu à côté de lui. Il n’en fut rien; ellesne firent que très-tard une apparition versSchœnfeld, et Ney, qui voulut laisser la dé-fense de Lindenthal à Marmont qui s’y trou-vait déjà établi, porta le 3 e corps à droite età gauche de Wachau, lorsque la batailleétait sur le point de finir. Marmont, livréà ses propres forces, eut affaire à trop fortepartie. Pour surcroît de malheur, la divi-sion Delmas qui revenait par la route deDuben avec l’artillerie du 3° corps, allait êtrecompromise si l’ennemi savait profiter de sasupériorité. La division Dombrowski, quidevait tenir Wetteritz jusqu’à son arrivée,y soutint avec audace tous les efforts du
corps de Langeron, mais ne put conserverle village. Heureusement les patrouilles en-nemies prirent la longue colonne de Delmaspour un corps considérable, et s’en laissè-rent imposer. Ce général arriva dans la nuità Wetteritz, harcelé de toutes parts, maissans échec notable.
Ney, instruit de l’échec de Marmont etdu danger qu’avait couru Delmas, se vitobligé de rétrograder pour aller au-devantde lui et favoriser sa retraite, aussi-bienque celle du 6 e corps. Il vint, à cet effet,border la Partha pendant la nuit. Si les septdivisions de Ney, de Marmont et de Dom-browski avaient été réunies, nul doute queBlùcher eût été battu; mais, les 0 corps ayantperdu toute la journée en marches et con-tre-marches , il était impossible aux 20 millehommes de Marmont d’en battre 60 mille.Ses troupes défendirent néanmoins avec unerare valeur le village de Mœckern, où nossoldats de marine se couvrirent de gloire.Elles furent ramenées surEutritzch etGoh-lis avec perte de 20 pièces de canon et de 4mille hommes hors de combat [ 1 ].
Cet échec me contraria d’autant plus,qu’attendant le corps de Reynier qui reve-nait de Wittemberg par Eulenbourg , ilimportait de conserver la possession de Tau-cha. La belle défense du 6° corps, et le re-tour dans la nuit des divisions du3 e corps,nous mirent en état de le faire.
Embarras de ma position. — Je propose un armisticequi est refusé.
C’était un véritable malheur pour nous den’avoir pu remporter de victoire prononcéele 16 . Quoique les derniers rapports deSt-Cyr me fissent douter de la prochainearrivée de Benningsen, je savais du moinsque le prince de Suède ne tarderait pas à
[1] Un parc de 30 pièces fut en outre enlevé au bi-vouac de nuit par les Cosaques.