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NAPOLÉON AU TRIBUNAL DE CÉSAR, ETC.
qu’au pied du col d’Arraïs, el menacèrentnos communications par Lanz. Soult appuieà son tour vers Ostitz pour se rallier àDrouet. On lui a bien ridiculement fait unreproche de cette manœuvre. Si sa droiteeût été forcée et débordée entre Ostitz etLanz, il aurait eu le sort de Joseph à Vit-toria. Il crut prudent de ne pas risquer unebataille générale dans un pays aussi diffi-cile ; et en effet, il avait tout à perdre et peuà gagner. Les ennemis de la gloire nationaleme reprochent d’avoir été trop audacieux,et ils font un crime à Soult de l’avoir étémoins que moi.
Dans le fait, son mouvement, conçu surd’excellents principes , aurait eu plus desuccès, si la route de Roncevaux eût étémeilleure, et si on y eût mis plus d’activité,de précision et de vigueur dans les premiè-res marches; mais dès que l’ennemi eut letemps d’amener des forces supérieures,qu’elles eurent tout l’avantage du terrain etla chaussée derrière elles, la chance n’étaitplus égale. Il faut observer, de plus, qu’endébordant la droite anglaise, on refoulaitWellington sur la mer : ce qui eût causé ladestruction de toute armée continentale,devenait au contraire un motif de sécuritépour lui. Soult reprit donc ses positions,après avoir eu des succès dans trois com-bats, et causé à l’ennemi une perte de 6 à7 mille hommes qui surpassa de beaucoup lasienne.
Prise de St-Sébastien.
Le. général anglais s’attacha alors à re-prendre plus vivement le siège de St-Sébas-tien auquel le général Graham avait déjàlivré un assaut inutile.
L’attaque régulière renouvelée le 28 aoûtpar quatre-vingts bouches à feu, dont unepartie de earonades en fer de 68 livres, ren-dit bientôt la brèche praticable. Un second
assaut donné le si, fut plus sanglant que lepremier ; et il eût échoué, si une explosiondans la place n’eût ébranlé la garnison, quise retira dans le château. Les deux chefsdu génie de Wellington périrent dans cettejournée, qui coûta près de 3 mille hommesaux assaillants, et entacha leurs laurierspar les excès auxquels ils se livrèrent dansune ville amie et alliée.
Soult fit exécuter par sa droite et soncentre quelques tentatives pour aller au se-cours de la place ; il passa la Bidassoa prèsde la montagne de Haya et en face de St-Martial ; mais l’ennemi était trop fortementposté pour qu’il réussît. Les Espagnols sur-tout se distinguèrent dans la défense de St-Martial, où ils rivalisèrent avec les meilleurestroupes anglaises : effet miraculeux de l’in-fluence qu’exerce un seul chef sur la valeurd’une armée, lorsqu’il mérite toute la con-fiance du soldat.
Après un engagement de quelques heu-res, les trois colonnes françaises repassèrentle Bidassoa.
Le château de St-Sébastien, battu dèsle 9 septembre par de'grandes batteries demortiers, et d’une capacité trop resserréepour résister, capitula. Les alliés y prirent1200 hommes el soo blessés : le siège leur enavait coûté 4 mille.
Les Anglais passent la Bidassoa et s’emparentde laRhune.
Wellington, renforcé par le corps desiège et par plusieurs troupes espagnoles,résolut de s’emparer de la position centraleet saillante de la Rhune, qui prenait de re-vers toute la haute vallée de la Nivelle et lagrande route de St-Jean-de-Luz à Bayonne;sa possession devait garantir de toute sur-prise sa droite postée au col de Maya, etqui pouvait à volonté descendre jusque surBayonne ; il fit attaquer ce poste par trois