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Tome second.
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CHAP. XXI. CAMPAGNE DE 1814.

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Convocation du corps législatif; changementde ministère.

Mesurant létendue du danger, javaisconvoqué le corps législatif, dans lespoirquil me seconderait de toute la puissancedes lois. Instruit que le parti de Talleyrand avait soulevé lopinion générale contre leduc de Bassano, quon accusait injustementdêtre un des premiers fauteurs de la guerre,je fis à lopinion le sacrifice de mes affec-tions, en ôtant à ce fidèle serviteur le por-tefeuille des affaires étrangères pour le con-fier à Caulaincourt. Ce choix était dicté parplusieurs motifs : dabord le duc de Vicence avait toujours manifesté de loppositionpour la guerre de Russie ; ensuite il devaitfaciliter les négociations, à cause de les-time que lui portait lempereur Alexandre.Personne ne savait mieux que moi à quelpoint les reproches quon faisait à Maretétaient peu fondés, et je ne pouvais donnerun gage plus fort de mon désir de la paix,qu'en consentant à son renvoi. Caulaincourtfut à la fois nommé ministre des relationsextérieures et plénipotentiaire .

Propositions des alliés.

La coalition venait de me faire quelquesouvertures par M. de St-Aignan, mon en-voyé à Weymar, qui, en passant à Franc­ fort , eut une conférence avec MM. de Met-ternich, Nesselrode et Aberdeen . Le pre-mier offrit de traiter, en nous laissant laligne du Rhin , des Alpes et des Pyrénées .J'étais prêt à accepter ces conditions pourmoi et pour la France ; mais je voulais aumoins discuter ce quon ferait de lItalie , dela Hollande, que je possédais encore. Cenest pas à un empire comme la France quondoit refuser nettement de concourir à lafixation du sort de ses plus proches voisinset alliés; car ce serait la dernière des hu-miliations quon pût lui imposer,u

Dissolution de la chambre.

Le corps législatif ne répondit pas à monattente. Loin de sentir que si javais eu destorts envers la France , ce nétait pas en facede 300 mille coalisés quil fallait les rappeler,et que le premier devoir dun magistrat pa-triote est de concourir de tous ses moyensà la défense du sol menacé, dimprudentslégistes soulevèrent une opposition déplacée.A louverture de la chambre, javais donnéune communication franche et entière delétat des affaires ; javais présenté un exposésincère de nos dangers, et des espérancesqui me restaient néanmoins encore pour lapaix. Javais même déposé sous les yeuxdune double commission, tirée du sénat etdu corps législatif, les pièces diplomatiquesqui pouvaient témoigner de tout ce que ja-vais tenté auprès des puissances alliées pourobtenir la paix. Au lieu de répondre à cetteconfiance, en me procurant les moyens denégocier ou de soutenir la dignité et lindé-pendance nationales , les députés chargésde me porter ladresse de la chambre ne meparlèrent que de garanties à venir pourles libertés publiques , et de lexercice desdroits politiques. Ces paroles, qui eussentété honorables lorsque jétais victorieux,nétaient plus que factieuses dès quelles éta-blissaient une scission dans lEtat au mo-ment il fallait se réunir pour le sauver.Je navais pas deux partis à prendre : si jefléchissais devant cette première attaque .mon trône en était ébranlé, mon autoritécontestée et la France perdue. Le corps lé-gislatif fut dissous, et jeus recours au sénatpour obtenir légalement les mesures néces-saires au salut de tous.

Ce coup détat fut certes un grand mal-heur, puisquil permit à mes ennemis de mepeindre à la France comme un despote quine déguisait même plus la tyrannie sous deriches moissons de lauriers , et qui attirait

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