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Tome second.
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NAPOLÉON AU TRIBUNAL DE CÉSAR, ETC.

lEurope entière sur la France , par lacruauté de son ambition. Ceux qui vinrentainsi souffler la discorde dans des circon-stances si décisives, sont déjà jugés. Us ontavoué leur connivence avec ces conspirateursqui travaillaient à presser le retour desBourbons; ils voulaient une parcelle de lau-torité, et rien ne les inquiétait moins queles libertés publiques dont ils se déclaraientles apôtres si fervents.

Préparatifs de défense.

Malgré ces contrariétés, je mettais à re-créer une petite armée cette activité quime caractérise. Depuis vingt ans, nos for-teresses nétaient ni réparées, ni munies,parce quelles navaient point été menacées :il fallait de grands efforts pour mettre horsdinsulte les principales. Je dus mattacheraux points importants, et négliger une foulede places secondaires qui eussent exigépour leurs garnisons le double des soldatsqui restaient.

Toutesles ressources avaient été employéesà recréer larmée de Lutzen : il eût fallu100 millions et 200 mille hommes de plus auretour de Leipsick pour nous rendre inat-taquables. Si javais eu un ministère pré-voyant et une nation moins obérée, on au-rait eu le temps de les lever depuis que lesAutrichiens sétaient déclarés ; mais leministère nosa rien prendre sur lui, parceque javais improuvé la levée hardie deFouché en 1809, et la France était dailleurspeu disposée à se lever en masse. Javouepourtant que jaurais songer, dès lar-mistice du mois de juillet, à organiser lesgardes nationales; cela meût procuré desgarnisons, et préparé, en cas de revers, lesmoyens de tenir la campagne. On le pou-vait dautant mieux, que leur réorganisationétait décrétée en isos : deux fois on lesavait levées partiellement; mais la guerre

sétant faite constamment hors de France ,on navait pas su en tirer parti en leur don-nant lextension dont elles étaient suscep-tibles. Je me rappelais le 13 vendémiaire, etme souciais peu darmer la multitude sansles plus pressants besoins.

A défaut de lorganisation opportune deces gardes nationales, quelques écrivainsont avancé quil ny aurait eu dautremoyen de sauver la France que par ungrand mouvement national; mais quela perte des libertés publiques avaitrendu les Français indifférents à monsort. Lhistoire fera justice de ces utopies;elle demandera à ces grands apôtres deliberté idéale, si un peuple ne doit pasmettre lindépendance de son sol au premierrang de ses libertés, et si, pour permettreà des déclamateurs de tribune denchaînertous les actes de ladministration, il fautcommencer par souffrir la présence desphalanges étrangères au sein de lEtat, etrecevoir la loi des Pandours pour avoir leplaisir de la dicter à son propre gouverne-ment. Malheur au peuple dupe de pareillesaberrations!

Trompés, égarés par les résultats dugrand mouvement de 1793, dont la cause etles effets ne sont ni bien connus, ni bien ap-préciés, ces messieurs supposent quil suffità une nation davoir une tribune et desjournaux pour se lever en masse contre lesennemis. Quils compulsent les archives dela guerre, et quils disent combien de volon-taires ont couru à la frontière, depuis lafuite de Dumouriez au mois davril 1793, jus-quà la prise de Valenciennes à la fin de

juillet : il nen est pas parti un seul.La

loi de la réquisition ne fournit que so à90 mille hommes au lieu de 300 mille; et ilfallut la loi du 5 septembre, cest-à-dire laterreur, la guillotine et tout lattirail delarmée révolutionnaire, pour porter à la