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Tome second.
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CHAP. XXI. CAMPAGNE DE 1814.

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rencontre de lennemi 500 mille hommesmal armés et mal équipés. Peut-on direquelles étaient les libertés publiques que cesbraves gens allaient défendre?

Injustice des reproches quon ma faits.

Les libertés publiques consistent, chezun peuple sage, dans légalité devant la loi,lindépendance des tribunaux, le vote delimpôt et des levées dhommes, la libertéindividuelle, toutes les fois quil ny a pasprovocation directe au renversement delordre établi.

Toutes ces libertés ont été respectées dansles institutions que jai créées et dans lesactes de mon administration. Une commis-sion du sénat veillait à la répression des ar-restations arbitraires quune police, souventmalavisée, pouvait se permettre. Si cettecommission na pas fait plus, cest sa faute;elle était instituée pour cela.

Jai fait arrêter cinquante mauvais sujets,Iff plupart militaires démagogues, qui vou-laient faire les Brutus, et se vantaient enpublic de me traiter comme César. Jai faitenfermer dans des prisons détat cinquantebrouillons de différents partis, dont les pro-vocations et les menées pouvaient produiredes soulèvements, et une vingtaine de prê-tres factieux qui voulaient plier la France au joug ultramontain. A lexception de cesindividus, pas un Français na été troublédans la jouissance de ses libertés, quand ila respecté les lois.

Jai préféré faire discuter les lois devant lecorps législatif par des orateurs distinguéset connus, afin darracher la France auxdangers de la tribune, après les commotionsqui avaient divisé le peuple français en deuxnations. Cest un service que jai rendu àlEtat; on a jugé, depuis, le mal que faitune tribune occupée par des orateurs in-dignes ou introuvables.

Le vote par boules noires et blanches,après un exposé des motifs qui dictaient laproposition de loi, était le mode le plusconvenable pour éviter ou le retour delanarchie, ou la dictature. En des tempsplus calmes, jaurais été charmé de donnercarrière au talent oratoire qui distinguetant la magistrature française.

Négociations pour le renvoi de Ferdinand.

On ma reproché aussi de navoir pas suprendre à temps mon parti sur lEspagne .II est certain que si jeusse renvoyé Ferdi-nand aussitôtaprès mon retour de Leipsick,et rappelé en même temps Suchet en Lan­ guedoc , jaurais pu disposer sur le Rhône de 50 à 40 mille hommes de vieilles bandesvers le milieu de février, au lieu de les lais-ser investir dans les places de la Catalogne .

Le moment propice deffectuer ce renvoiavait été manqué; jai déjà dit que javaisrefusé de le faire au commencement de isiô,au retour de Russie et avant la bataille deVittoria, par excès de confiance en mesmoyens, et dans la crainte dattirer lEu­ rope sur moi en dévoilant ma faiblesse. Jau-rais au moins my décider aussitôt aprèsla rupture des négociations de Prague , puis-que alors la défaite de Joseph avait ruinésans retour mes affaires dans la péninsule,et que la défection de lAutriche plaçait lagrande question de lempire du monde ci-vilisé dans les champs de la Saxe et les mon-tagnes de Bohême. Suchet aurait pu alorsretirer toutes les garnisons inutilement com-promises dans sept à huit places, et paraîtresur le Rhin à la tête de 40 mille hommes devieilles bandes. II eût suffi de la moitié delarmée de Soult pour garder la chaîne desPyrénées .

Aussitôt après mon retour de Leipsick,je ne balançai plus; car on entama aussitôtdes négociations avec le duc de San-Carlos,