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Tome second.
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CHAP. XXI. CAMPAGNE DE 1814 .

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Strasbourg , qui exigent seules une armée.Défalcation faite de tant de détachements,jestimais au plus à 150 mille hommes ce quiresterait pour couvrir les investissements,ou pousser sur la Moselle . Ici Metz etThion-ville exigeaient de nouveaux corps de blocus.A peine 100 mille alliés devaient arriver surla Marne : je* comptais leur en opposer au-tant avant un mois. Or, 100 mille Français combattant sous ma direction pro aris etfocis devaient balayer en peu de temps leurpays; et si le vice-roi eût débouché parGenève , la coalition eût payé cher la témé-rité denvahir la France .

Efforts inouïs de la coalition.

Mais lEurope avait appris de nous, delEspagne et de la Russie , à ne calculer au-cun sacrifice. La Confédération du Rhin tourna contre moi lénergie que je lui avaisimprimée.Son contingent en t roupes de lignefut fixé à 145 mille hommes U]; les landwehrs-montaient à un pareil nombre . cétait doncplus de 200 mille ennemis sur lesquels jenavais pas compté. On laissa aux milices lesoin de bloquer nos garnisons, trop faiblespour les attaquer; et les masses armées delEurope purent ainsi pénétrer en France ,plus nombreuses que je ne le supposais. Si,aux 8 io mille hommes dont nous avons parléplus haut, on ajoute 290 mille Allemands etles 50 mille Russes de milice amenés par leprince Labanof, on trouvera un total de1,152 mille hommes lancés contre moi depuisle mois daoût jusquà celui de janvier.

ï'fis alliés envahissent la France sans attendre la paixproposée.

Cependant les ouvertures que la coalitionmavait faites par M. de St-Aignan navaientpas eu le résultat immédiat dont je métaisflatté. Le choix dun nouveau ministre, les

[i] Dans ce nombre sont compris les ts mille Bava-rois et Wiirtpinbergeois déjà à larmée.

instructions à lui donner, les renseigne-ments à demander sur le sort quon réser-vait à lItalie , à la Hollande, avaient occa-sionné le retard dune quinzaine de jours,pendant lesquels les alliés changèrent derésolution, et préparèrent linvasion de laFrance , sans attendre la réponse finale.

Intérêts et mobile des puissances.

Toutefois, en y réfléchissant bien , quelledivergence dintérêts ne devait pas éclaterà lapproche de nos frontières? Pour qui, etpourquoi se battait-on désormais?LAutriche pouvait-elle vouloir tout ce que voulait laRussie ? La Russie pouvait-elle consentir àtout ce que désirait lAngleterre?

Loffre de la limite du Rhin était dans lecœur de lempereur dAutriche ; mais dèsque je parus vouloir mimmiscer dans ladécision du sort de lItalie , le cabinet deVienne eut peur de laisser échapper saproie, quil convoitait dautant plus ardem-ment quon naurait su comment prendreailleurs les indemnités auxquelles il préten-dait- Outre cela, on sétait engagé à ne ja-mais traiter séparément. LAngleterre avaitassez prouvé que la Belgique et Anvers luitenaient plus à cœur quune monarchie con-tinentale; les plénipotentiaires anglais pro-testèrent contre loffre faite à M. de St-Ai-gnan. Le ministre Castlereagh partit aussi-tôt de Londres pour venir assister à la dis-section de lempire.

Lempereur de Russie voulait venir àParis me rendre la visite de Moscou , etaider à la conquête dAnvers pour quon luicédât Varsovie . LAutriche épousa les inté-rêts de lAngleterre, parce quil lui impor-tait peu que je conservasse mes établisse-ments maritimes ; elle consentit à conquérirAnvers pour être sûre de ressaisir Milan ,tout en gardant Venise , qui navait été jadisque la compensation de la Lombardie .