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Tome second.
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NAPOLÉON AU TRIBUNAL DK CÉSAR, ETC.

l'autorité qui se charge de les défendre. Or,cette autorité ne se plaça nulle part : aulieu delà confier en des mains responsables,le roi la laissa séparpiller entre tous ceuxqui se couvraient de son nom. Au lieudêtre Tunique chef de lÉtat, on eût ditquil nétait plus quun chef de parti : tout{rit en France une couleur factieuse, lanar-chie sy introduisit.

Dès lors, il ny eut plus que de ('incon-séquence et de la contradiction dans le sys-tème de la cour; les mots nallaient jamaisaux choses, parce quon voulait au fond ducœur autre chose que ce qui était promispar écrit.

Louis xvni avait donné la charte pourempêcher quon ne la prît; mais il était évi-dent que, le premier moment passé, lesroyalistes espéraient la retirer pièce à pièce,parce que ce pacte ne leur convenait pas.

Ils voulaient un maître débonnaire,comme les prêtres espagnols en demandentun, cest-à-dire qui les laisse gouvernersans contradiction. Les émigrés ne voyaientdans le retour des Bourbons quun moyende sindemniser de leurs pertes, et de res-saisir leurs privilèges. Us sétaient ruinéspour leur propre cause, et se présentaientcomme des victimes de leur dévoument à lafamille royale. A la vérité, il y avait eu com-munauté d'intérêt dans cette lutte que laroyauté et la noblesse avaient soutenuecontre la nation. A ce titre, rien de plusnaturel quelles partageassent ensemble lesfruits de la victoire. Le clergé prêchait aussicontre la charte, parce quil espérait reven-diquer ses biens et reprendre son antiqueinfluence, et quavec la charte cela ne sepouvait pas.

On ne posait donc que des pierres dat-tente dans lédifice du gouvernement ; onavait refait la noblesse, mais elle navait niprérogatives,ni pouvoir;elle nétait pas dé-

mocratique, parce quelle étaitexelusive; ellen était pas aristocratique, parce quelle né-tait rien dans létat. On rendit donc à cettecaste un mauvais service en la remettantsur pied de celle manière après la restaura-tion; car elle était offensante sans posséderaucun moyen de se défendre : cétait un con-tre-sens qui devait amener des froissementscontinuels.

Une femme, qui avait un esprit supérieurtoutes les fois quelle ne parlait pas poli'i-que, aurait voulu que les Bourbons prissentlempire comme je lavais laissé. « Le lit<> était si bien fait, disait-elle; il ne sagis-« sait que de sy coucher. » Quelle extrava-gance ! comment le successeur de Louis xvuaurait-il pu reconnaître un sénat dont au-cun peuple de l'Europe naurait voulu, aprèsla conduite quil avait tenue? Le roi a prisle seul parti convenable, celui de donnerune charte; il navait quà la soutenir avecun bras de fer, ou bien ajourner sa mise enactivité pour quelques années, en régnantprovisoirement dune manière absolue. Ondira peut-être quil eût été difficile de gou-verner par ordonnance royale ; mais on nerisquait rien de lessayer : en plaçant dansle conseil des hommes forts et impartiaux,rien ne prouve quon neût pas réussi. Il eutfallu la volonté de Richelieu et les principesd'Henri îv ; en un mot, il eût fallu mettreen pratique ce quon avait si sagement pro-mis, union et oubli. Cétait le projet desprinces, tout Ta prouvé; mais ainsi que celaarrive après de longues discordes, on nesentend que quand les intérêts et lesamours-propres sont satisfaits. Au lieu decela, ou fit comme en 1789 , on mit les amours-propres et les intérêts aux prises.

Les gens qui avaient livré Toulon semontraient aux Tuileries à côté de ceux quilavaient repris; ils osaient même braverceux-ci par des railleries : le roi aurait