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Tome second.
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CHAP. XXII. CAMPAGNE DE 1815.

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les envoyer à Cayenne . Il était indispensablepour lui dexposer, dans une proclamationsolennelle, les principes de son gouverne-ment , et dassurer leur triomphe en dépit detoutes les petites résistances. Au lieu de ras- isurer tous les intérêts et de briser toutes lesprétentions, on a fait tout le contraire, on acaressé les prétentions et froissé les intérêts.

On voulait poursuivre la révolution de 89avec les royalistes, et achever lœuvre de larestauration avec des ex-conventionnels ; lesuns et les autres travaillaient de mauvaisegrâce et à contre-cœur, parce quon ne faitmarcher des révolutions quavec les hom-mes nés avec elles. Le roi naurait sen-tourer que dhommes de trente à quaranteans. On voulait maintenir la révolution, etlon avilissait ses institutions; on découra-geait par la masse de la nation, qui avaitété élevée avec elles, et sétait accoutuméeà les respecter. On gardait les soldatsparce quon en avait peur et quon nen avaitpas dautres; et en les passanl en revue, onrehaussait la gloire de leurs ennemis. Per-sonne ne prenait confiance dans ce qui exis-tait, parce quon ny voyait des points dap-pui nulle part : ils nétaient pas dans lesintérêts, puisquils étaient tous compromis;ni dans les opinions, puisquelles étaienttoutes froissées; ni dans la force, puisquil nyavait à la tête des affaires ni bras ni volonté.

On veut méioigner de lile dElbe..

Jétais assez bien informé de ce qui se pas-sait au congrès de Vienne ; jappris à tempsque les ministres de Louis xvm avaient pro-posé au congrès de menlever de lile dElbepour mexiler à Ste Hélène ; cétait une vio-lation gratuite du traité de paix, puisquealors je navais rien fait qui pût exciter soncourroux.

Mes faibles moyens de défense ne me per-mettant pas dattendre avec sécurité leffeta.

de cette tentative, je conçus un projet quiparaîtra audacieux dans lhistoire, et quinétait que raisonnable en réalité.

.îe me décide à retourner en France .

Je pensai à remonter sur le trône deFrance . Quelque faibles que fussent mesforces, elles étaient encore plus grandesque celles des royalistes; car javais pourallié lhonneur de la patrie qui parfois som-meille, mais qui ne périt jamais dans lej cœur des Français . Je me confiai dans cetappui. Je passai en revue la petite troupeaveclaquelle jallais tenter une si grande entre-prise. Ces soldats étaient mal vêtus, car jemanquais de moyens pour les équiper àneuf; mais ils avaient des âmes intrépides.Mes préparatifs ne furent pas longs, jenemportais que des armes. Je pensais quej les Français nous pourvoiraient de tout.

Débarquement à Cannes .

Notre petite flottille néprouva pas dac-cident; sa traversée dura cinq jours. Nousj revîmes la côte de France près de la mêmej plage javais pris terre quinze ans aupa-ravant, à mon retour dÉgypte . La fortunesemblait me sourire comme alors; commealors, je revenais sur cette terre glorieusepour relever ses drapeaux, et lui rendreson indépendance.

i Nous débarquâmes sans obstacle. En me| retrouvant en France , je ne pus me défen-| dre démotion. Je la saluai comme le temple| des beaux-arts, la pépinière des héros. Jenavais point de plan déterminé, parce queje manquais de données particulières surlétal des choses. Mon intention était de meguider suivant les événements : javais seu-lement quelques partis pris pour des casprobables. Je ne fus pas embarrassé sur laroute à tenir, car il me fallait un point dap-pui,' et Grenoble était la place forte la plus

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