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Tome second.
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CHAP. XXII. CAMPAGNE DE 1815.

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les nouveaux, et dempêcher la guerre civile;ce qui pouvait faire parcourir encore unefois toul le cercle de 1789 à isoo. Je mabu-sais; ce nétait pas du repos de la France quil sagissait, mais bien des principes dudroit divin. Peu importait aux étrangersquils fussent appelés une troisième fois àParis , pourvu que les dogmes de la légiti-mité triomphassent partout. La suite prou-vera sils ont eu raison; pour moi, je menconsole : mon successeur, cest la pos-térité.

Je propose encore de battre les Prussiens, on me refuse.

Je nai quitté la France quau momentoùlennemi sest approché de ma retraite. LesAnglo-Prussiens sétaient avancés rapide-ment sur Paris : ils auraient pu y devancerGrouchy ; mais ils le suivirent de très-près.Wellington avait emporté demblée Péronne et Cambrai , de lâches citoyens, ne vou-lant voir en lui que le chevalier de la légiti-mité, le secondèrent ignominieusement. Ala rapidité de linvasion, on saperçut quele temps des Mack était passé : cependantles Prussiens firent une faute grave; vou-lant éviter les ouvrages élevés au nord deParis , ils passèrent la Seine seuls près deSèvres , avant de pouvoir être soutenus parWellington. On aurait pu se jeter sur euxavec 70 mille braves, et les anéantir ; je pro-posai au gouvernement provisoire de pren-dre le commandement de larmée, et de lequitter après avoir vaincu. De basses intri-gues mempêchèrent, de laver la tache deWaterloo , et de prendre congé de la France par une victoire qui lui eût permis de traiterhonorablement avec les souverains alliés,au lieu de se rendre à discrétion, commele gouvernement provisoire la fait. Je partisimmédiatement après pour Rochefort : ja-vais dabord lintention de membarquer àBordeaux sur un navire marchand frété par

Joseph; les objections dun fâcheux con-seiller my firent renoncer. Je craignis deme livrer à mes ennemis dans un port decommerce. Je me décidai en conséquenceà monter à bord dun bâtiment de létat.Mon frère Joseph sembarqua seul à Bor­ deaux , et arriva sans obstacle en Amérique .

Je membarque et me livre à la croisière anglaise.

Je fus moins heureux que lui, voyant, àma sortie du port, quil était impossibledéchapper h la croisière anglaise, je poussaidroit à elle , espérant me placer sous lasauve-garde de lhonneur el des lois britan-niques. Mon mécompte a été bien cruel.

Conclusion.

La postérité jugera le traitement quonma fait essuyer. Prisonnier sur un autrehémisphère, il ne me restait quà défendrela réputation que lhistoire me prépare etque les partis dénaturent encore selon leurspassions. La mort ma surpris au moment je rédigeais mes commentaires. Je leslaisse imparfaits, et cest un de mes plusgrands regrets. Toutefois, je suis tranquille ;les pygmées ne matteindront pas; jai acquisdans les victoires de Montenotte, Castiglione,Rivoli , les Pyramides, Marengo, Hlm, Aus-terlitz, Iéna, Friedland, Abensberg , Ra-tisbonne, Wagram, Dresde , Champ-Au-bert, Montmirail , Ligny, assez de gloirepour effacer le désastre de Waterloo ; mescinq codes sont dignes de lapprobation dessept sages de la Grèce . Les monuments quejai laissés en France , en Italie , attesterontma grandeur aux siècles les plus reculés.Enfin, pour me laver du reproche dambi-tion, je dirai comme Mahomet :

« Je fus ambitieux.....

« Mais jamais roi. pontife, ou chef ou citoyen ,

« Ne conçut un projet aussi grand que le mien. »

A peine Napoléon eut-il terminé son récit,