LIVRE II.
THEORIE DES INSTRUMENTS.
a4o I
les chronomètres, parce qu’en raison île l’extrême précisionrequise, il faudrait effectuer ce réglage toutes les fois que la tempé-rature varierait. Quant au moment d’élasticité M, on ne peutsonger à y rien changer. Il ne reste donc que le moment d’inertiedu balancier sur lequel on peut agir pour combattre le ralentisse-ment dû à la chaleur.
De là est venue l’idée de construire le balancier compensateur,dont nous expliquerons plus loin le loncLionnement.
Pour évaluer l’importance de l’clfet des variations de tempéra-ture, on a fait des expériences avec des chronomètres non com-pensés; ces expériences, exécutées d’abord par M. Dent, reprisespar M. Airy, puis par MM. Delamarche eL Ploix, ont fait voirqu’un chronomètre à balancier de laiton et à spiral en aciertrempé retarde de i i 8 par chaque degré d’augmentation de latempérature. En tenant compte des coefficients de dilatation del’acier et du laiton, la formule qui donne la durée des oscillationspermet de faire le départ de ces i i s entre les trois causes pertur-batrices : on trouve ainsi que l’effet de la diminution d’élasticitédu spiral y entre pour y\ Pour compenser cet effet, il faut donc unbalancier qui se contracte par la chaleur.
La température n’est pas la seule cause de perturbation aveclaquelle il faille compter. Les huiles employées pour lubrifier lesrouages s’épaisissent avec le temps et, la résistance augmentant,les amplitudes des oscillations diminuent. Selon que la durée despetites oscillations sera plus courte ou plus longue que celledes grandes, il résultera de là un effet progressif d’avance ou deretard. Il importe de bien comprendre que l’avance ou le retardd’un chronomètre ne dépend pas de la vitesse absolue de ses mou-vements : en fait, bien des causes tendent à diminuer la duréedes oscillations quand l’amplitude diminue, et par conséquent àfaire avancer le chronomètre en réduisant la vitesse du balancier.
Parmi ces causes, citons sans autres détails :
L’effet de la masse du spiral, faible relativement à celle dubalancier, mais non négligeable.
L’action de la force centrifuge sur le balancier, ou l’effet del’élasticité des métaux qui le composent.
L’inlluence du choc de l’échappement, qui a lieu généralementavant le passage du balancier par sa position d’équilibre.