INTRODUCTION.
Dès les temps les plus reculés l’étude des astres a servi aux navi-gateurs à diriger leur route sur les mers : ne connaissant pas laboussole, ils cherchaient au ciel des repères qui leur faisaient défaut,tout autour d’eux. Ulvsse interrogeait la Grande Ourse et le Bouvierpour leur demander la route d’Ithaque. Les pilotes phéniciens scru-taient l’horizon au Nord et au Sud, et estimaient leur latitude par lesétoiles qui apparaissaient et celles qui disparaissaient à mesurequ’ils se déplaçaient. En même temps que les navigateurs y lisaientleur position et leur route, le ciel servait aux Clialdéens et auxP tiens d’échelle pour la mesure du temps, et le besoin d’uncalendrier, joint à l’instinct qui pousse l’homme à regarderie ciel,donnait naissance aux premières recherches astronomiques. Cettedernière étude était déjà poussée fort loin du temps de Jules César,tandis que l’application à la Géographie ne faisait que des progrèsfort lents. Ce n’est guère que dans les quatre derniers siècles, àpartir des Copernic, des Tycho-Brahé, quel’Astronomie nautique acommencé à progresser. Profitant de tous les progrès de la Sciencepure, elle lui a servi de stimulant, et l’on peut dire que les étudesrelatives à la Lune, aux marées, aux horloges ont été le point dedépart des plus beaux travaux d’Analyse et de Mécanique.
Aujourd’hui encore la Géographie est la plus importante desapplications pratiques de l’Astronomie. On sait l’objet que nousnous proposons : présenter l’ensemble de ces applications et neprésenter que cela. Il s’agit de donner aux voyageurs le moyen defixer le mieux possible leur position et leur route. Les données re-cueillies avec des instruments transportables seront loujours d’uneprécision inférieure à celle des observations faites dans les grandsobservatoires, et à celle des éphémérides qui s’en déduisent. Beau-Caspari. — Astronomie, I. i