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les spéculateurs fout leurs affaires; mais ils fontaussi celle du public, qui est d’éviter la famine.Dans le second, ils se ruinent, mais le publicne s’en aperçoit seulement pas, car l’abondanceest plus forte que le spéculateur. Que l’on nedise pas que rien de tout cela n’est fort neuf. Onvient de voir que cela est encore neuf à Sens;et il y aurait de l’impolitesse à supposer que lesgens de ce pays-là sont plus ignorans que lereste de la France .
I er juin , Maison-Neuve. — Les mendians,très nombreux hier, l’ont été plus encoreaujourd’hui. A chaque relais, une foule defemmes, d’enfans et de vieillards , s’attacheà la voiture, dans l’espoir d’obtenir quelquessecours. Leur nombre, leurs cris, la pâleur etla maigreur de tous ces visages faméliques fontfrémir. De quels secours peuvent être quelquessous distribués dans la foule, lorsque le painvaut neuf sous la livre? On assure qu’un assezgrand nombre d’individus , surtout de femmeset d’enfans, meurent tons les jours, sinon defaim , au moins de l’insuffisance et de la mau-vaise qualité des alimens. Telle est la prédi-lection du peuple pour le pain, que son prixexcède celui de la viande, lequel est à peineaugmenté. 11 semble qu’avec les plantes nour-rissantes que la saison offre maintenant enabondance, et de la viande, on pourrait sup-