Band 
Tome I.
Seite
58
JPEG-Download
 

AKECÜOTP..

58

table et habité : les murs, qui ont quinze piedsd’épaisseur, promettent de durer autant que lamontagne sur laquelle ils reposent.

Le château de Grandson rappelle une anec-dote de quelque intérêt : vis-à-vis, de l’autre côtédu lac, est le château d’Estavayer; l’un et l’au-tre appartenaient à deux familles anciennes etpuissantes. Les chevaliers de France et d’An-gleterre , de Bourgogne et de Savoie , rendaienttémoignage de la vaillance d’Othon de Grand-son , et admiraient ses rares qualités. L’épousede Gérard d’Estavayer, Catherine de Belp, yavait été trop sensible; mais son mari, qui lesavait,'dissimulait son injure, ne voulant pas seséparer d’une femme héritière de grands biens.La mort d’Amé vu, duc de Savoie , tué à lachasse, de manière à faire naître des soupçons,lui fournit l’occasion de satisfaire son ressenti-ment en se déclarant contre Othon de Grand-son , que ses rapports hostiles avec le feu ducmettaient en butte à la calomnie. C’en fut assezpour Estavayer, qui se porta ouvertement sonaccusateur devant le bailli Louis de Joinville,offrant de soutenir son accusation par la voiedu combat, dans le ban de Moudon . Des nomset une cause aussi illustres attirèrent l’attentiondes peuples voisins; et lorsque Amé vm eutnommé Bourg-en-Bresse pour le lieu du com-bat, les chevaliers accoururent de toutes parts