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jouil d’une vue qu’il n’est pas nécessaire de dé-crire. Sa terrasse est ombragée de magnifiquestilleuls ; l’un d’eux, que j’ai mesuré, a dix-huitpieds de circonférence à ma hauteur, et prèsdu double au niveau du sol.
Les nombreuses fontaines jaillissantes quiabreuvent les habitans de Neuchâtel et rafraî-chissent leurs rues, sont de plus historiques ;chacune d elles est surmontée de figures gigan-tesques, représentant des guerriers du quin-zième siècle bardés de fer, à taille étranglée etpoitrine rembourrée, comme de nos jours leshéros russes ou prussiens, ha longue et largeépée au côté, la belle barbe taillée en pointe,et la petite toque sur la tète, portant quelque-fois élevé dans la main droite un guidon auxarmes de Berne ; toujours l’air calme et in-ébranlable, comme le roc dont ils sont formés.Quelquefois c’est une justice, tenant le glaived’une main, la balance de l’autre, et costuméed’ailleurs comme les dames de son temps; tailled’une aune , jupons amples et courts, coiffe àdentelle, et manchettes à trois rangs. L’artiste,se livrant à l’allégorie, a quelquefois représentéle bon et le mauvais ange, se disputant untendre agneau qu’ils tiraillent cruellement entreeux. Le mauvais ange, malgré des traits fémi-nins , porte la queue et les cornes.
18 juin. —Trois heures après avoir quitté