ILE I)E SAINT-PIERRE.
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Neuchâtel , nous sommes arrivés à Cerlier , surles bords du lac de fiieune, d’où un bateau nousa conduits à l’île de Saint-Pierre ( l’île de Jean- Jacques Rousseau ), en une heure et demie. Ilfaisait fort, chaud; le soleil, au solstice d’été,versait à grands flots sur les montagnes d’alen-tour cette lumière blanche qui efface toutes lesombres,et qui décolore et appauvrit les paysagesméridionaux. Les montagnes du lac de Bienne sont trop habitées , trop défrichées, trop uni-formes ; enfin elles ne sont point poétiques, etRousseau , couché dans son bateau à la dérive,et livré pendant des heures entières à la médi-tation et aux extases, ne devait l’inspirationqu’à lui-même. L’île aux Lapins , dont il parle,n’a pas un arbre, pas un brin d’herbe, et lapartie du lac que nous avons traversée est sibasse et si remplie de roseaux, que le bateauavait peine à s’ouvrir un passage : l’eau en estd’ailleurs parfaitement claire, et fourmille detruites et d’autres poissons dont nous aurionspu compter les écailles. La maison où Rousseau logeait, située au bord du lac, est une fermedans le meilleur ordre, qui sert d’auberge; nousfûmes reçus par la fermière, belle Suissesse alle-mande, très accorte, qui nous fit les honneursde la chambre de Rousseau , conservée dansl’état où il l’a laissée. La muraille est partoutgriffonnée d'épanchemens poétiques sur le phi-
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