' LAC DK BIENNE. 67
pieds de circonférence. Des avenues ont étépercées à travers ces ombrages apparemmentdepuis très long-temps, car les arbres formentle plus magnifique cintre à une immense hau-teur. Dans les éclaircies, une pelouse bien verte,unie, douce et rase s’étend jusqu’au pied de cesmagnifiques arbres, et couvre même les protu-bérances de leurs racines. Les yeux viennen t avecplaisir s’y reposerdu spectacle brillant de ce lac,et des montagnes qui, malgré le mal que j’en aidit d’abord, se présentent avantageusement versle soir. Des milliers d’oiseaux, et surtout demerles, remplissaient les bosquets de jeunesarbres qui commencent à s’élever dans quelquesendroits. L’hôpital de Berne , à qui l’île appar-tient, a grand soin de ce jardin naturel, ou plu-tôt en protège les beautés naturelles contre lahache et la charrue, et je lui en ai pour mapart beaucoup de reconnaissance. Je suis fâchéd’avoir à parler d’un objet qui gâte ce beau lieu ;ce sont les fourches patibulaires, qu’on n’aper-çoit, à la vérité, que de très loin, dans la direc-tion du midi, de l’autre côté du lac.
C’est seulement dans le pays allemand qu’onentre en Suisse pour tout de bon, car le paysYoman ressemble encore beaucoup à la France .Tout le monde à Bienne a l’air étranger : etcependant à voir la curiosité des habitans, onaurait dit au contraire que c’était nous. Les