BIEN NE.
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femmes portent leur longue chevelure tressée ;elle descend plus basque leur jupon, qui couvreà peine le jarret : au milieu de leurs occupationson les entend chanter en parties avec beaucoupde justesse : le sentiment de la musique sem-ble inné chez les Allemands. De grandes portesflanquées de tours ferment les rues, qui sontcomposées de maisons èàties en arcades commele Palais-Royal, mais beaucoup plus mass.ives,et bizarrement peintes de toutes sortes de cou-leurs. Le luxe des fontaines publiques est en-core plus remarquable qu’à Neuchâtel , et telleest l’abondance, la limpidité et la fraîcheur deseaux , que vous pourriez vous désaltérer dansla rue, de l’onde pure du clair ruisseau. Cesfontaines sont encore ici surmontées des figuresdu siècle héroïque (le quinzième), ainsi qued’anges ailés et de démons à queue et à griffesdu siècle théologique (le seizième). Les gar-diens de la sûreté publique parcourent les ruestoute la nuit et sans armes, comme en Angle-terre, publiant en récitatif l’heure qu’il est,ainsi que les nouvelles de la pluie et du beautemps : au son de leur voix tranquillisante,chacun se tourne sur l’autre oreille, et s’endort.Dans l’intérieur dés maisons tout est antique,travaillé avec soin, bien entretenu, mais rare-ment renouvelé; il n’y a pas jusqu’au casse-noisette qui ne soit ciselé artistement; tables,