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notre étonnement à chaque nouvelie décou-verte , comme si c’eût été la première.
Nous avons rencontré aujourd’hui des trou-pes d’hommes et de femmes à l’air sage et re-cueilli, qu’on aurait pris pour des quakers, s'ilsn’eussent été habillés de noir au lieu de gris.Ce sont les paisibles descendans de ces Ana-baptistes du seizième siècle, coupables alorsdes plus grands excès et de toutes sortes defolies (i), devenus, on ne sait comment, ladouceur même. Ils se firent chasser du canton de Berne il y a cent cinquante ans, parce qu’ilsne voulaient pas porter les armes, et se réfu-gièrent dans un coin du Jura , où ils lormentunecolonie composée d’une centaine d’habitationséparses, et sont universellement estimés deleurs voisins. Le sort a voulu qu’après avoir étéchassés de Berne , Berne soit venu les retrouverici, mais avec un esprit nouveau qui s’accom-mode fort bien du leur.
A l’endroit où nous nous sommes arrêtéspour dîner (Grelingen), on venait de faire lasaisie de seize sacs d’avoine , que le proprié-taire avait voulu transporter du territoire deBerne dans celui de Soleure , où, à ce qu’il pa-raît, la disette est encore plus grande. Le cou-pable s’était, dérobé par la fuite aux peinesqu’il avait, dit-on, personnellement encourues.
(r) Chap. 26, vol. II.