LES ALLEMANDES.
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tête des cruches d’eau et de lait, et touchait pres-que la terre. Les manches de chemise, blanchescomme la neige, et retroussées jusqu’à l’épaule,découvraient des bras bien ronds, bien fermeset bien brûlés : le corset rouge lacé de noir mar-quait une taille renforcée; et le jupon de la lon-gueur du kilt écossais laissait voir un bas pro-pre et bien tiré, et jusqu’à la jarretière rouge;mais les plus âgées de ces dames avaient un peul’air de petits vieillards rabougris déguisés enfemmes. Nous eûmes tout le temps d’examinernotre ameublement : l’article principal était unsopha de bois de chêne, d’une haute antiquité,artistement ciselé de tous les côtés, de manièreà représenter de la dentelle ; puis une grandeet forte table de chêne également, et nonmoins antique; les jambes écartées pour pou-voir résister au roulis des tremblemens deterre, si fréquens le long du Rhin , au tempsoù ce meuble était neuf, c’est-à-dire daus lequinzième siècle ; son tapis, propre comme lepremier jour après quelques centaines d’annéesde bons services, brillait des pures couleursprimitives, le rouge, le bleu et le jaune. Pasune âme de la maison ne parlait d’autre langueque l’allemand , excepté l’aubergiste lui-mêmequi entendait un peu le français , et disait : T ail’honneur de vous saluer , toutes les fois quenous lui demandions quelque chose. L’anglais