Band 
Tome I.
Seite
88
JPEG-Download
 

LES ALLEMANDES.

88

tête des cruches deau et de lait, et touchait pres-que la terre. Les manches de chemise, blanchescomme la neige, et retroussées jusquà lépaule,découvraient des bras bien ronds, bien fermeset bien brûlés : le corset rouge lacé de noir mar-quait une taille renforcée; et le jupon de la lon-gueur du kilt écossais laissait voir un bas pro-pre et bien tiré, et jusquà la jarretière rouge;mais les plus âgées de ces dames avaient un peulair de petits vieillards rabougris déguisés enfemmes. Nous eûmes tout le temps dexaminernotre ameublement : larticle principal était unsopha de bois de chêne, dune haute antiquité,artistement ciselé de tous les côtés, de manièreà représenter de la dentelle ; puis une grandeet forte table de chêne également, et nonmoins antique; les jambes écartées pour pou-voir résister au roulis des tremblemens deterre, si fréquens le long du Rhin , au temps ce meuble était neuf, cest-à-dire daus lequinzième siècle ; son tapis, propre comme lepremier jour après quelques centaines dannéesde bons services, brillait des pures couleursprimitives, le rouge, le bleu et le jaune. Pasune âme de la maison ne parlait dautre langueque lallemand , excepté laubergiste lui-mêmequi entendait un peu le français , et disait : T ailhonneur de vous saluer , toutes les fois quenous lui demandions quelque chose. Langlais