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LE CONCILE.
la fortune èt lé pouvoir donnent, et parvient àdistinguer le mensonge de la vérité?
Constance eut de bonne heure des manufac-tures florissantes, et tin grand commerce detransit avec l’Italie , auss'i-bien que Zurich ;elle avait alors (dans le qtiiniïi’ème siècle)trente-six mille habitans; mais lorsqu’une po-pulation étrangère de cent mille (i) plénipo-tentiaires , princes, ducs, prêtres, docteurs,jurisconsultes, ouvriers, femmes et valets, avectrente mille chevaux, vint fondre sur elle à l’oc-casion du concile, les manufactures et le com-merce, incommodés par cette multitude, s’éloi-gnèrent et ne revinrent plus. Saint- Gall etd’autres villes en profitèrent : leur prospéritéet le déclin de Constance datent dè cette épo-que; mais la perte de son indépendance civileet religieuse, fivrsqu’en 1 548 elle tomba au pou-voir de l’Autriche , contribua beaucoup à sondépérissement sans qu’elle ait gagné à passer,
(i) Poggio Bracciolini , témoin oculaire, dit qu’il y avaità Constance , pour le concile , deux mille trois cents princeset chevaliers, dix-huit milleprélats, prêtres et théologiens,quatre-vingt mille laïques, deux cent'vingt-huit tailleurs,trois cents barbiers, soixante-quinze confiseurs, quarante-quatre apothicaires et quinze cents courtisanes, ne citant,ajoute-t-il par maniéré d’esprit, que celle de sa connais-sance ! M. Ebel dit cent mille ; Muller, cent cinquantemille personnes.
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