GOÛT ANTIQUE ET MODERNE. 103
en i8o5, de l’Autriche au grand-duc de Bade.On assure qu’elle n’a plus que deux mille âmes.Ce qu’il y a de certain, c’est que l’herbe croîtdans les rues, formées principalement de cou-vens vides : on y peut louer une grande maisonpour vingt-cinq francs par mois.
La porte de notre appartement à l’Aigle,tourne sur des gonds plaqués d’argent; le boisen est merveilleusement travaillé en marque-terie, représentant des figures d’hommes armésde toutes pièces, chevaux , etc.; c’était le goûtdu quinzième siècle. A côté de cela nous avonsdes échantillons d’un goût beaucoup plus mo-derne sans être meilleur : ce sont des gravuresbien connues du siècle passé, telles que l'Em-barquement pour Cyth 'ere, et VAccordée de vil-lage, où la perfection de l’art se trouve unie àl’expression la plus maniérée et la plus fausse,et où l’on voit des bergères à taille de guêpe oud’araignée, ayant à leurs pieds des bergers engrandes perruques à la Louis xiv et en habit decour, la houlette à la main, et force petits Cu-pidons sans culottes, voltigeant à l’entour dugroupe amoureux.
A côté de ce luxe, on a des draps de lit de sipetites dimensions, que les pieds et la tète nepeuvent en jouir qu’alternativement; ils cou-vrent le matelas, et pas davantage. Il est vraiqu’ils sont brodés, ornés de dentelles et de fal-