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Tome I.
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SA INT-GAIX. IO7

à ce métier que deux ou trois ans. La force ob-tenue ainsi suffit pour mettre en mouvementvingt-neuf meules de deux cent seize fuseauxchacune. Cette manufacture emploie centtrente personnes. Les enfans, qui forment lamoitié de ce nombre, gagnaient autrefois cinqbatz par jour ( quinze sous de France ) ; leshommes à leurs pièces, jusquà cinq francs;mais ce salaire est réduit à moitié, et beau-coup douvriers ne trouvent à travailler à au-cun prix.

M. Ebel nous apprend quil y avait naguèredans le canton de Saint-Gall trente à quarantemille brodeuses; ce qui suppose une immensepopulation manufacturière. La misère multi-plie les crimes; les prisons sont pleines, et lesexécutions assez fréquentes : il y a eu troisfemmes, coupables dinfanticide, décapitéesdans le cours de lannée dernière. On en accuseles manufactures : cest ce quil faut examiner.

Les travaux de l'agriculture ne peuvent sepayer aussi cher que ceux des manufactures :dans les pays de fabrique, il 11y a que les terrestrès fertiles qui indemnisent le cultivateur, etleur quantité en Suisse est peu considérable. Amesure que la population , encouragée par lesmanufactures, y faisait des progrès, les terresà blé étaient mises en prairies et en pâturages ,et lon recueillait moins de grains. Le peuple