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taires aisés, qui sont en très petit nombre dansun pays d’égalité parfaite, où toute la popula-tion est composée de paysans manufacturierspeu capables de prendre des mesures généralesde secours , et de faire des sacrifices pour l’ap-provisionnement du pays. On distribue cepen-dant des soupes économiques, faites de gruaud’avoine, et d’un peu de viande ; et je crois quece sont les villes qui en font la dépense. Tout lepays est en pâturages; on n’aperçoit pas unchamp de blé ou de pommes de terre, pasmême de jardin potager, les manufacturesayant jusqu’à présent fourni aux habitans unemploi plus lucratif de leur temps, Les maisons,telles que je les ai décrites, propres et bien te-nues, et pleines d’habitans, reposent, sans in-termédiaire de clôtures d’aucune espèce, sur letapis de verdure qui couvre toute la surface dupays et où paissent de beaux troupeaux. Celaest magnifique, nîais ne donne pas du pain : onpeut mourir de faim au milieu des prés et desmousselines. Il ne faut pas venir ici avec lesidées qu’inspire l’histoire helvétique du quin-zième siècle. Au lieu de cette race de héros en-fonçant à coups de massue des armées de che-valiers cuirassés, et de ces femmes guerrièresdu champ de bataille d’am Stoss (i), c’est la
(i) Chap. 19, vol. II.