PAYSANNES DE ZUG. ï6q
était trop marquée pour permettre le ressenti-ment.
On nous a transportés de Zug à Art par le lac,avec la voiture et les chevaux, pour douze francsde France . L’équipage du bateau se composaitde toute une famille : deux frères, la femmede l’un d’eux, sa fille et son petit garçon. Lajeune fille portait de longues tresses de che-veux contournées à l’antique sur le sommet dela tête, et attachées par une grosse épingle d’ar-gent doré de huit à neuf pouces de long, à têteen forme de cuiller; jupon ample et court, basblancs bien tirés, corps de jupe rouge et noir,et manches retroussées. La voix des femmes detous les rangs en Suisse est beaucoup plus douce' qu’en France ; il semble que le ton de la voixest une affaire de géographie ; rien n’est plusdur que ses inflexions en Italie et en Espagne ;la différence à cet égard entre le midi et le nordde la France est frappante; elle s’accroît dansles pays plus septentrionaux. Les gens qui nesont jamais sortis de chez eux, peuvent avoirune opinion différente ; mais j’en appelle auxvoyageurs. Quant à la Suisse qui n’est pas sep-tentrionale , il faut croire que son élévationcompense sa latitude.
Des montagnes de peu d’élévation environ-nent le lac de tous côtés, excepté au midi, oùla vue est admirable. Le Righi, sur le premier