ET SES CONSEILLERS d’ÉTAT. 56q
et meubler des esprits; que bien qu’au collège,un préfet put sans se gêner expédier plus dethèmes que toute sa classe d’écoliers, commel’autre préfet avait pu expédier plus d’affaires quetout le conseil d’état, il n’en faut pas conclureque l’on gagnât à substituer le préfet, soit auxconseillers, soit aux écoliers, et qu’enfin lesassemblées législatives n’ont pas été imaginéespour faire des affaires , mais pour faire desmœurs ! De quoi vous plaignez-vous? dit unautre; si cela ennuyait le plus grand nombre,la majorité qui est la maîtresse mettrait bientôtfin aux débats et aux affaires. Le fait est quecela l’amuse comme d’aller au cercle de la riveou aux soirées, que nous trouvons tous en-nuyeuses , et dans lesquelles nous voilà tous ras-semblés ! Rousseau a dit quelque part qu’il nefaut pas ajouter foi aux propos de ces ménagèresqui prétendent qu’elles aiment mieux voir untrou qu’une tache, quoiqu’elles aient des ci-seaux pendus à la ceinture ( il y a cinquante ansqu’il disait cela ) et une goutte d'huile à leur robe!
Ces grandes soirées sont une entreprise sé-rieuse pour la maîtresse de la maison, qui lesdonne, surtout lorsqu’il lui arrive de se trouversur les limites de deux classes de la société, etun peu sur le pied de parvenue; car la chosedevient délicate. Il ne suffit pas alors de n’ou-blier personne, mais il faut de plus savoir se